Les recalés au concours national d’accès à la formation pour l’obtention du certificat d’aptitude professionnelle du notariat sont en colère. Ils crient à la fraude et à l’injustice et demandent l’intervention des autorités concernées, le ministère de la Justice en premier, pour mettre la lumière sur les conditions de leur mise en échec à ce concours.

Selon des candidats malheureux, qui se sont présentés hier à la rédaction de Reporters, il y a eu «un abus manifeste » dans la façon dont les candidats au concours ont été retenus et dans la manière dont les résultats ont été communiqués.

Ces candidats ont d’abord cherché à manifester devant la maison de la presse Tahar-Djaout, au 1er-Mai, avant d’avoir été empêchés par les services de police, obligeant certains à se rendre dans les rédactions.
Selon un des représentants des protestataires, les résultats du concours d’accès au notariat sont une « énigme » que seule une enquête des autorités compétentes peut lever. « La majorité des candidats retenus n’ont pas le niveau. Les organisateurs ont retenu les noms de leurs proches et de leurs connaissances », a-t-il accusé. « Nous mettons en cause la neutralité et la probité de la commission du concours. C’est elle la responsable de cette injustice», a-t-il ajouté. Ce candidat malheureux rappelle qu’une lettre a été adressée aux services de la présidence de la République, à ceux du Premier ministère, au ministre de la Justice, au président de l’APN ainsi qu’aux médias pour demander l’« ouverture d’une enquête» sur les circonstances durant lesquelles les copies des candidats ont été corrigées ainsi que sur celles qui ont conduit à la publication des résultats. Les protestataires demandent tout simplement que les copies écrites soient à nouveau examinées pour lever toute ambiguïté et « démasquer la tricherie ».
Selon eux, la plupart des personnes qui ont réussi le concours sont des « fils de… » et des proches de hauts responsables dont des magistrats. Parmi leurs revendications, « la vérification des P.-V. des épreuves écrites et orales », la « publication des moyennes obtenues par chaque candidat aux épreuves écrite et orale » afin que chaque candidat puisse connaître son « évaluation exacte », « l’annulation de l’épreuve orale » durant laquelle il y a eu, selon eux, des dépassements et « se baser sur les résultats de l’écrit ». Ils appellent également à l’organisation d’un nouveau concours après « publication de la liste des lauréats restés en réserve » ou en attente d’accès à la formation au notariat. « En cas d’une réponse non favorable, nous allons mener de nouvelles actions de protestation », a indiqué l’un des protestataires. Et d’enchaîner : «Nous ne sommes pas disposés à renoncer à aucune de nos revendications légitimes.» Pour rappel, l’année 2018 a vu l’arrivée dans la corporation des notaires de quelque 1 500 notaires à l’échelle nationale dans un contexte, où la profession est accusée de dérives et de dérapages par rapport à la réglementation et à la loi. De nombreux notaires ont été accusés de fausses déclarations dans le domaine des transactions immobilières, notamment afin d’éviter à leurs clients de faire des déclarations de la valeur réelle de leurs biens au fisc. A suivre.