Par Feriel Nourine
L’intérêt que portent les opérateurs pour l’activité dans l’automobile n’est plus à prouver. Pour preuve, ces derniers sont entre 110 et 120 à avoir déposé un dossier au niveau du ministère de l’Industrie pour pouvoir exercer soit dans l’importation, soit dans la fabrication, à travers l’ensemble des segments et catégories de véhicules (touristiques, utilitaires légers, lourds, bus…).
C’est le chiffre révélé hier par le Directeur général du développement industriel au ministère de l’Industrie, Ahmed Salem Zaid, qui s’exprimait sur la radio nationale.
«Ce nombre est, cependant appelé à diminuer», prévoit M. Zaid, relevant que les opérateurs «doivent répondre à la condition de base, à savoir être détenteur d’une licence auprès du constructeur», et, partant, assumer leur mission conformément au règlement mis en place par le cahier des charges.
L’opération de dépôt de dossiers est néanmoins appelée à être effectuée de nouveau, maintenant qu’un nouveau cahier des charges a été élaboré et publié, fixant les modalités d’exercice pour les concessionnaires ainsi que pour les constructeurs. «Elle débutera dans une semaine ou une dizaine de jours», a affirmé le même responsable, soulignant que la majorité des opérateurs ont déjà déposé leurs dossiers et que l’opération de suivi par le Comité chargé du suivi de ces dossiers ne prendra pas beaucoup de temps.
Lequel comité est en train d’être mis en place et pourrait entamer son travail la semaine, a dit encore M. Zaïd, rappelant que la réponse aux opérateurs ayant déposé un dossier se fera dans un délai maximal de réponse de 30 jours à partir du dépôt.
Autrement dit, c’est le retour à la case départ pour les opérateurs dont les dossiers se trouve déjà au niveau du ministère de l’Industrie. Parmi ces derniers, il y a cependant ceux qui doivent se mettre à jour avec les dispositions contenues dans le nouveau CDC, et qui leur sont plutôt avantageuses sur le plan administratif.
Interrogé sur a date d’entrée des premiers véhicules, l’intervenant l’a fixée pour «le premier trimestre 2023». Ce qui n’est pas du tout évident, au vu du chemin qui reste encore à parcourir par les opérateurs, même une fois retenus par le comité chargé de suivre leur dossier et de leur octroyer l’agrément. Le travail qui suivra avec le constructeur aura, lui aussi, besoin de temps nécessaire pour accomplir les démarches qui concernent cette étape du projet d’un concessionnaire.
Et cela devra se faire dans une conjoncture de marché international qui continue à compter les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur le rythme de production des usines automobiles. Celles-ci n’ont pas été épargnées par le ralentissement de l’activité, voire d’arrêt dans de nombreux cas, et doivent d’abord livrer les nombreuses commandes en attente avant de prendre celles émanant de nouveaux clients, à l’exemple des concessionnaires algériens.
Aujourd’hui, certains pays qui devraient être inscrits sur la liste de ces concessionnaires font même face à une pénurie de véhicules neufs, faisant que les véhicules usagers y sont vendus aux mêmes prix que le neuf. Avis donc aux prétendants à un véhicule de moins de trois ans.
Dans le domaine de l’industrie automobile, le représentant du ministère de l’Industrie a soutenu que «la majorité des constructeurs sont intéressés par le marché algérien parce qu’il est prometteur» et que «les négociations se poursuivent actuellement avec les responsables algériens concernés».
«Les constructeurs sont en train d’orienter leur production vers les marchés prometteurs dont ceux de l’Afrique du Nord, et l’Algérie doit saisir cette occasion», a-t-il ajouté.
Rappelant l’accord signé récemment avec le constructeur Fiat pour la fabrication de véhicules en Algérie, M. ZaÏd a encore rappelé que d’autres marques vont prochainement prendre le même chemin, sans citer leurs noms. Pour rappel, le cahier des charges portant sur l’activité des concessionnaires et des constructeurs en Algérie a été publié au Journal officiel jeudi dernier.
Dans son ensemble, ce document reproduit le même esprit contenu dans les CDC qui l’ont précédé, à savoir ceux publié en août 2020 et mai 2021, sans qu’ils soient appliqués. Ses dispositions visent la mise en place par les pouvoirs de mécanismes qui réhabilitent l’activité de concessionnaire en mettant les professionnels devant leur véritable responsabilité.
Ces derniers bénéficient cependant d’un assouplissement à travers de nouvelles mesures ou de mesures revues et corrigées que contient le cahier des charges libéré jeudi. <