Alors que le marché de l’automobile en Algérie est en train d’achever une nouvelle année sans véhicules neufs commercialisés, les sorties des responsables concernés par le dossier du retour des importations via les concessionnaires se font de plus en plus rares. Et lorsqu’il y a déclaration officielle, elle vient dans la quasi-totalité des circonstances reconduire le même discours auquel a eu droit l’opinion publique depuis au moins deux années.

Par Feriel Nourine
Sur fond de deux cahiers de charges élaborés en l’espace de quelques mois seulement, et même d’un troisième texte du genre qui pourrait les suivre dans une logique d’éternel recommencement, on ne parle plus que du Comité interministériel chargé du suivi des dossiers des opérateurs prétendant à l’activité de vente de véhicules neufs. La composante de ce comité a, pour rappel, été totalement reconstituée et l’entame de son travail s’est faite depuis déjà début juillet dernier. Ses membres allaient traiter les dossiers qui leur seront soumis sur la base d’un décret exécutif venu, en mai, assouplir les procédures d’octroi d’agrément aux concessionnaires en réduisant les mesures administratives trop contraignantes, mais aussi en écourtant la durée des réponses du comité aux souscripteurs.
Cette démarche était de surcroît enclenchée après l’intervention préalable du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, assurant que le règlement du dossier des importations de véhicules neufs se fera avant la fin du premier semestre de l’année. Or, cette fin de semestre a eu lieu il y a quatre mois déjà, et le second semestre de la même année est en voie de se terminer dans la même situation qui prévaut après l’arrêt des quelques usines locales voilà deux années. Pour les prétendants à l’activité de concessionnaire automobile, dont nombreux avaient baissé rideau après l’interdiction d’importation de véhicules neufs, tout comme pour les nombreux intervenants directs et indirects dans cette sphère, et aussi pour le citoyen qui souhaiterait retrouver son droit à l’acquisition d’un véhicule sur le marché du neuf, c’est toujours le rond-point qui n’en finit pas, dans un bouchon bureaucratique à multiples contraintes et obligations.
Le fameux comité tarde, ou refuse, à donner son feu vert à cette activité réhabilitée pourtant par voie de loi de finances. Et ce ne sont sans doute pas les quelques déclarations de l’invité, hier, d’Echourouk TV, qui vont apporter un peu de visibilité sur le dossier et éclairer sur le départ effectif de l’opération importation de véhicules neufs par des concessionnaires.
Directeur général au ministère de l’Industrie, Abdelaziz Kand, s’est, en effet, contenté de dresser la petite comptabilité des dossiers étudiés par le comité interministériel, sans dépasser les limites qui conditionnent les très rares sorties médiatiques des responsables interrogés sur ce dossier précis, privilégié par les journalistes, faut-il le souligner. Ce sont ainsi 27 dossiers de demande d’agrément qui ont été traités par l’instance chargée de ce travail dont 19 ont été rejetés, a indiqué M. Kand, justifiant ce rejet par le fait que les candidats ne réunissaient pas les conditions exigées. L’intervenant ne dira pas, cependant, quelle suite sera donnée aux dossiers qui n’ont pas été rejetés ni si les opérateurs qui les ont déposés vont pouvoir, enfin et réellement, entamer les procédures nécessaires pour devenir concessionnaires automobile actifs à travers des showrooms et autres structures de service après-vente.
La temporisation du gouvernement dans le dossier de l’importation de véhicules neufs se fait ainsi de plus en plus ressentir, laissant déduire qu’il va falloir encore assister à des prolongations pour un bon moment. Ce qui conforte l’option d’une nouvelle révision du cahier des charges vers laquelle les pouvoirs publics seraient en train de pencher, de façon à faire jouer la carte de l’industrie automobile au détriment des importations. Une industrie que l’invité d’Echourouk TV a évoquée en faisant savoir que le département de Ahmed Zeghdar avait reçu une demande d’investissement en provenance de six marques automobiles, sans les citer. <