Les opérateurs ayant postulé à un agrément pour l’importation et la commercialisation de véhicules neufs ne sont pas au bout de leur peine ni de leur longue et interminable attente.

Par Feriel Nourine
Alors qu’ils croyaient être, enfin, proches du bout du tunnel après l’assouplissement des modalités ouvrant droit à cette activité, à travers le décret exécutif venu en mai dernier amender le très contraignant cahier des charges d’août 2021, les prétendants à l’activité de concessionnaire automobile sont en train de vérifier à leurs dépens, et une énième fois, qu’ils se retrouvent toujours à la case départ. Le dossier qui les concerne ne veut pas quitter la zone administrative et passer sur la piste du concret.
Selon certaines sources proches de ces opérateurs, aucun agrément n’a encore été attribué par le ministère de l’Industrie, alors que de nombreuses demandes se trouvent sur la table du Comité technique interministériel chargé d’octroyer le fameux document, et dont l’installation a eu lieu déjà début juin dernier, faut-il le rappeler. Quant au traitement des premiers dossiers déposés à cet effet, il a été entamé début juillet, avait annoncé le département d’Ahmed Zeghdar, avant que des responsables du secteur ne prennent la parole pour annoncer l’octroi du sésame pour «bientôt».
Mais rien n’a été fait en ce sens et, le 17 août dernier, les mêmes promesses ont été réitérées au groupement de concessionnaires qui a été reçu au siège du ministère, en vain. L’année 2021 est en voie de consommer son troisième trimestre et toutes les données indiquent qu’elle s’achèvera comme sa devancière, c’est-à-dire avec un marché orphelin de véhicules neufs.
La crise va donc continuer à s’imposer à ce marché, d’autant que des informations indiquent que la délivrance des agréments n’est pas, ou n’est plus, à l’ordre du jour au niveau du ministère de l’Industrie. Elle aurait été remise aux calendes grecques, mardi, privant de ce document sept opérateurs dont les réserves ont été pourtant levées. Il n’y aura d’agrément ni pour ces sept opérateurs ni pour les autres opérateurs dont les dossiers sont en attente de la réponse du comité technique. Les concernés devraient recevoir une notification justifiant cette décision qui repositionne le dossier des importations de véhicules au point de départ, alors que le président de la République avait, lui-même, annoncé un dénouement pour la fin du premier semestre de l’année en cours.
En attendant que les raisons de la non-délivrance d’agrément soit communiquée aux opérateurs, d’autres sources évoquent de nouvelles modifications que les pouvoirs publics s’apprêteraient à apporter au cahier des charges. Un décret exécutif serait, à ce propos, prêt dans le but d’un nouvel amendement du texte de loi fixant les conditions et les modalités d’exercice de l’activité de concessionnaire de véhicules neufs. Il sera soumis aux autres départements ministériels impliqués dans le dossier. Si les choses devaient réellement se dérouler de la sorte, on serait face à un autre changement qui intervient moins de quatre mois après celui introduit après l’arrivée d’un nouveau ministre aux commandes du secteur.
Une démarche qui étonne et laisse traîner de nombreuses questions parmi les professionnels du secteur, mais aussi parmi l’opinion publique, entraînée, elle aussi, dans un feuilleton de modifications et d’amendements qui n’en finit pas. A ces questions, certains observateurs proches du dossier de l’automobile répondent en mettant en avant la pression qui serait exercée par l’Union européenne pour la réouverture du marché aux constructeurs, considérés parmi les grands perdants depuis l’arrêt de la commercialisation de véhicules neufs en Algérie, où ils avaient réalisé des volumes de ventes importantes pendant plusieurs années.
D’autres observateurs évoquent d’autres motifs, en faisant le lien d’abord avec l’article 139 de la loi de finances complémentaire 2021, qui impose une mise en conformité du cahier des charges et lève l’interdiction faite aux étrangers de postuler à cette activité sans une association avec des nationaux. <