PAR INES DALI
Les concessionnaires automobiles devraient pouvoir reprendre l’activité d’importation des véhicules à la faveur du quitus que s’apprête à leur délivrer le ministère de l’Industrie. Après plus de trois ans d’attente, pour ne pas dire d’années blanches pour ce segment, «les agréments seront bientôt délivrés aux concessionnaires», a indiqué le Directeur général du développement industriel au ministère de l’Industrie, Ahmed Zayed Salem, à l’occasion de la rencontre organisée lundi par la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) pour présenter l’étude effectuée par la Coordination nationale du patronat (CNP) qui se veut une proposition pour la relance du secteur. La libération des agréments qui est synonyme de libération des importations est un soulagement non seulement pour les professionnels du secteur, mais également pour les citoyens qui sont, eux aussi, dans l’attente de pouvoir acquérir un véhicule. L’annonce du responsable au ministère de l’Industrie est une lueur d’espoir de voir redémarrer une activité longtemps à l’arrêt, même s’il n’a pas été très loquace en matière d’informations, n’ayant pas fourni de précisions concernant l’échéance de la délivrance des agréments.
Aussi bien les concessionnaires que les citoyens sont friands en matière d’informations à ce sujet, car de nombreuses fois des déclarations similaires ont été faites sans les voir abouti pour autant. Il y a déjà eu trois cahiers de charges établis en moins de trois ans régissant l’activité d’importation, suivis à chaque fois par les annonces de libération faites par les pouvoirs publics, mais le constat est que cela n’a finalement eu aucun effet sur le terrain, concessionnaires et citoyens sont restés sur leur faim. Les déclarations sont restées au stade de promesses…
Le marché automobile algérien est à fort potentiel et ses besoins sont estimés à quelque «350.000 véhicules par an sur trois ans», soit un total dépassant «les 10 millions de véhicules» dont la facture atteindrait un montant exorbitant estimé à «au moins 15 milliards de dollars», selon l’étude la CNP. Pour satisfaire le marché, les pouvoirs publics comptent sur le montage auto dans le pays avec un taux d’intégration acceptable, ce qui permettra, par la même occasion, de redynamiser l’activité de la sous-traitance. Les professionnels estiment que demander un taux d’intégration élevé est «irrationnel» et n’est pas dans l’intérêt du secteur pour de multiples raisons. Il y a d’abord le «risque induit par les pertes de changes», «le risque de désindustrialisation» mais aussi «le risque d’accroître le gap technologique», selon l’étude de la CNP.
Le Directeur général du développement industriel au ministère de l’Industrie, a indiqué que ce département «travaille à la rédaction d’un cahier des charges pour chaque modèle de véhicule pour ne pas être obligé de revoir tout le décret quand il y aura nécessité de révision». Actuellement, trois constructeurs internationaux sont intéressés par leur venue en Algérie dans le cadre de partenariat, et dans la perspective d’exporter via l’Algérie, selon la CAPC.
«Aujourd’hui, le constructeur algérien n’est pas dans l’obligation de s’inscrire dans le cahier des charges qui est imposé par la réglementation, mais plutôt dans la politique de développement du constructeur partenaire», a affirmé Daoudi Bassi Scander, expert auprès de la CAPC, car «si le cahier de charge lui impose un taux d’intégration de 50% alors que son potentiel partenaire ne prévoit que 20%, comment va-t-il pouvoir travailler ?», a-t-il ajouté pour explique la problématique du taux d’intégration.
Quoiqu’il en soit, le marché automobile a besoin d’une bouffée d’oxygène et les concessionnaires appellent d’abord à ouvrir les importations en attendant que soient réglés les autres détails pour le volet construction. <