Les syndicats de l’Education ont présenté, hier, leurs propositions pour garantir les meilleures conditions pour la rentrée scolaire de près de dix millions d’élèves, lors d’une réunion de concertation entre le ministre de l’Education, les syndicats et les associations de parents d’élèves, afin d’aboutir à une feuille de route conjointe qui sera soumise au gouvernement pour valider une date de la rentrée 2020/21, inédite à cause du contexte sanitaire de la pandémie de la Covid-19.
Zoubir Rouina, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), a déclaré, hier, aux médias présents que «notre priorité est d’aller vers cette rentrée scolaire pour que les élèves retrouvent les bancs d’école après une interruption de plus de sept mois à cause du coronavirus». Il souligne toutefois, «certes, dans nos propositions on pousse vers une reprise rapide des cours, mais avec la condition de l’aval de la commission scientifique concernant les protocoles sanitaires à respecter afin de préserver la santé des élèves, des parents et du corps enseignant».
Le secrétaire général du CLA relève toutefois : «On a soulevé le point qu’il faut être lucide face à la réalité du terrain où il faudra gérer plus de dix millions d’élèves. Une situation, à mon avis, complètement différente des conditions dans lesquelles s’est déroulé le Bac. Et cela, tant du point de vue du nombre d’élèves que de la gestion de leur mouvement et des horaires complètement différents». Ajoutant que le souhait de son syndicat est que leurs propositions soient prises en considération pour garantir les meilleures conditions pour cette rentrée scolaire.
Par ailleurs, concernant la proposition du ministère de l’Education d’étaler la semaine de cours sur six jours, soit du samedi au jeudi, Zoubir Rouina, désapprouve en expliquant qu’«il est important de préserver les weekends. Il faut que l’on prenne conscience qu’il ne s’agit pas de jours de repos mais surtout de jours de récupération qui permettent tant aux élèves qu’aux enseignants d’avoir un meilleur rendement durant la semaine».
Le représentant de l’organisation syndicale désapprouve la proposition du ministère de l’Education pour une approche différente suivant la situation épidémiologique de chaque région et en fonction de ses moyens aussi.
Ce dernier avis est partagé par Meziane Mériane, président du Syndicat autonome des professeurs d’enseignement secondaire et technique (Snapeste), qui estime qu’il est important de trouver «une solution nationale» afin de «préserver l’équilibre entre les régions concernant les volumes des enseignements, étant donné que les examens de 5e, BEM et Bac sont nationaux». Le président du Snapeste a également souligné dans une déclaration à la Radio nationale qu’il est favorable à «la double vacation des classes, divisées en groupes», mais il soulève toutefois la problématique du risque du manque de salles de classe et de personnels et que «cela nécessiterait forcément un nouveau recrutement de personnel enseignant».
Quant à Sadek Dziri, président de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), a déclaré : «Nous devons profiter de l’expérience de l’organisation de l’examen du baccalauréat pour réussir cette rentrée scolaire. Il s’agit d’assurer les meilleures conditions pour la mise en œuvre du protocole sanitaire dont notamment la distanciation physique.» Il a souligné que son syndicat a proposé de diviser les classes en deux groupes et par conséquent l’établissement d’enseignement travaillera chaque jour à un rythme avec 50% des élèves et 50% le lendemain. Le syndicaliste propose aussi la suppression provisoire des matières dites «secondaires», le temps que durera la crise sanitaire pour permettre aux élèves de se concentrer sur l’essentiel des enseignements en fonction des filières. Quant à la proposition de reprise pour la date du 8 novembre faite par les syndicats, Sadek Dziri affirme que la «décision sur la date de la rentrée a été reportée au prochain Conseil des ministres».
A propos de la surpression des matières secondaires pour alléger les volumes horaires, Djamila Khiar, présidente de l’Organisation nationale des parents d’élèves, propose également «la réduction du volume horaire et l’élimination des matières», tout en affirmant que la priorité est à la reprise rapide des cours». Même son de cloche chez le président de l’Association nationale des parents d’élèves Khaled Ahmed, qui a déclaré à la Radio nationale que «nous avons proposé de ramener progressivement les élèves sur les bancs d’école avec la mise en place d’un enseignement par groupe en alternant les jours», estimant également qu’«il est très possible de se passer de matières secondaires telles que l’éducation physique, la musique et l’éducation artistique».
Au final, la plupart des syndicats se sont attelés à souligner que l’objectif le plus important à atteindre et d’organiser dans les plus brefs délais la rentrée scolaire en prenant en compte les risque de la contagion à la Covid-19, mais également les risques psychologique et pédagogique encourus si l’arrêt des cours se prolongeait d’une manière indéterminée. n