La Basilique Notre Dame dAfrique d’Alger a accueilli, dans la soirée de jeudi dernier, un concert de musique classique, animé par le pianiste Simon Ghraichy, dans une atmosphère solennelle, devant un public nombreux et recueilli. Durant près de 65 mn, le génie créatif des compositeurs et la virtuosité de l’artiste, époustouflant de technique et de maîtrise de l’instrument, ont été mis en valeur dans le silence sacral des lieux et la pureté des sonorités. « Prélude et fugue en La mineur » de Jean Sébastien Bach et Franz Liszt, « Variations sur un thème de Beethoven » de Robert Schumann, « Timelapse », de Michael Nyman né en 1944, ont figuré parmi les pièces au programme du pianiste, tout de noir vêtu, avec une veste et des chaussures ornées de broderies.
Dans des variations modales et rythmiques, le pianiste, également investi dans la recherche et les études comparatives sur des œuvres d’époques différentes, est passé de la rigueur académique des grands classiques, à la spontanéité caractérisant les musiques et chants populaires, conçus dans des cadences ternaires aux ambiances festives. L’artiste a ensuite enchaîné dans un tout autre registre musical avec, « Recuerdos de la Alhambra » de Francisco Tarrega « Asturias » d’Issac Albeniz,
« 2 danses afro-cubaines » de Ernesto Lucuona, « Alfonsina y el mar » d’Ariel Ramirez et « Danzon No 2 » d’Arturo Marquez né en 1950. « Très heureux » de se produire devant le public algérois, « chaleureux et accueillant », Simon Ghraichy prenait du plaisir à présenter chacune des musiques interprétées, expliquant qu’il a dû adapter au piano les pièces, « Asturias » et « Recuerdos de la Alhambra », initialement écrites pour guitare. Dans la solennité de l’instant, le public a savouré chaque moment du spectacle dans l’allégresse, appréciant le professionnalisme et le talent de l’artiste, en Algérie pour la première fois, et dont c’est la deuxième prestation après celle à Tlemcen (la veille) et avant celles de Constantine et Annaba. En présence de représentants des missions diplomatiques françaises et mexicaines accréditées à Alger, le pianiste Simon Ghraichy, répondant au rappel de l’assistance, est remonté sur scène pour clore son récital avec « Les sauvages » de Jean Philippe Rameau. Organisé par la Basilique« Notre Dame d’Afrique » en partenariat avec l’Institut Français d’Algérie, le récital de piano de Simon Ghraichy a été programmé, selon le recteur de la basilique Notre-Dame d’Afrique, père José Maria Cantal Rivas, dans le cadre du « programme régulier initié par l’église ».
Né en 1985, Simon Ghraichy, français d’origine libano-mexicaine, est devenu une figure incontournable de la scène classique, jouissant du respect de ses pairs pour sa virtuosité irréprochable, son charisme et sa personnalité décomplexée qui lui vaudra de conquérir très vite de nouveaux publics. Elève de Michel Béroff et Daria Horova au conservatoire national supérieur de musique à Paris, et de Tuija Hakkila au Sibelius Académy à Helsenki, Finlande, sa carrière prit un essor en 2010, pour voir ensuite, son talent d’artiste accompli sollicité dans de grands événements en France et ailleurs pour se produire sur les scènes les plus prestigieuses du monde.