Donnant rendez-vous au public dans le très agréable cadre de la villa Dar Abdelatif, Selma Kouiret, inoubliable chanteuse du tout aussi mémorable groupe Méditerranéo, a animé dans la soirée de samedi un premier concert à l’invitation de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC). L’artiste sera également présente ce soir lundi, 19 août, pour un second concert au Casif à Sidi Fredj. Sa prestation très appréciée, entre talent, nostalgie et voyage de l’Orient à l’Occident, de l’andalou au flamenco… confirme également le grand retour de l’artiste sur scène en Algérie. Selma Kouiret, visiblement très émue, entourée des six membres de son orchestre, face à un public de près d’une soixantaine de personnes, a présenté, durant plus d’une heure une sélection d’une dizaine de titres. Des chansons en espagnol et en arabe, allant du style oriental au flamenco en passant par l’andalou ou encore le raï. Et plus encore qu’une succession de classiques du patrimoine, de la «fusion» entre plusieurs morceaux, plusieurs cultures. « Plusieurs titres ont été réorchestrés, certains ont été entremêlés ensemble…A chaque concert, j’essaie de proposer un voyage, de l’oriental à l’andalou, en passant par le flamenco de mes débuts», explique ainsi l’artiste en évoquant l’évolution de son style, où l’héritage du groupe Méditerranéo reste toujours très présent. Accompagnée par six musiciens de talant, aux piano, violon, guitare, mandole, derbouka et cajón, Selma Kouiret partagera notamment des interprétations de classiques indémodables, à l’instar de «Besame mucho», «Fouka el-nakhl», «Quizás» ou encore l’incontournable «Historia de amor». Selma Kouiret, très applaudie, nous confie à l’issue du concert, sur ses années loin des scènes algériennes. «Je dirais que j’ai été prise par le quotidien, mais le mal du pays m’a permis de mûrir et m’a rendu plus stable », ajoutant qu’ «un artiste qui s’éloigne de la scène, surtout si cela n’est pas volontaire, attend toujours son retour et c’est un moment très fort pour lui, pour son public…»

Un nouveau single avant la fin de l’année
Répondant par ailleurs à nos questions sur sa vision de ses futurs projets, notamment de son intérêt toujours aussi fort pour la découverte de nouveaux styles de musique, l’artiste précise : «Je m’intéresse au jazz tout comme à la musique kabyle. En fait, même si je ne maîtrise pas encore la langue, je travaille à apprendre des textes avec la bonne prononciation. Par exemple, j’essaie de reprendre le morceau «Intas ma dyas» ou le titre « Vava inouva» de Idir, ou encore de réorchestrer le morceau «Sendou», que j’avais déjà interprété». La chanteuse, qui avait pour rappel animé l’été dernier son «concert retrouvailles » à l’Opéra d’Alger, nous annonce qu’elle travaille actuellement sur la sortie d’un nouveau titre, ainsi que sur un clip. Une «surprise» ajoute-t-elle. Précisant que c’est une chanson de sa propre composition, qui devrait donner lieu à un single «avant la fin de l’année », espère-t-elle. Selma Kouiret explique aussi que «j’ai longtemps cherché un parolier, un compositeur avec qui j’aurais pu collaborer, mais honnêtement je n’ai pas encore trouvé (…) J’ai pris le taureau par les cornes, écrit un premier morceau moi-même en l’adaptant avec une très ancienne musique du terroir algérien. Mais je n’en dirais pas plus pour le moment, ce sera une surprise».