Les difficultés financières dont souffre le groupe Tahkout ont fait réagir les chauffeurs des bus universitaires de ce groupe économique, qui ont saisi, hier, le Premier ministre pour trouver une solution à leurs situations avant la rentrée universitaire. Le blocage des comptes bancaires du groupe Tahkout, survenu au lendemain de l’incarcération de Mahieddine Tahkout, de deux de ses frères et de son fils, impliqués dans des affaires de corruption, a eu des incidences fâcheuses sur la situation salariale des employés de la société à travers plusieurs wilayas qui sont sans salaires depuis deux mois.
Ainsi, hier, le groupe Tahkout a rendu publique une lettre adressée au Premier ministre pour expliquer le non-versement des salaires et où les chauffeurs n’ont pas écarté la menace de ne pas pouvoir assurer le service durant la rentrée si leur situation n’est pas réglée. Dans leur correspondance, les chauffeurs ont mentionné qu’ils transportent quotidiennement plus de 1,2 million d’étudiants dans plus de 400 bus de transport public, dont 200 à Alger et 100 à Oran et que la majorité sont pères de famille avec des enfants qui s’apprêtent à rentrer à l’école.
Par ailleurs, la lettre de la direction précise, également, que le Groupe Tahkout ne «souffrait pas de difficultés financières, surtout qu’il ne bénéficie pas de crédits bancaires dans le cadre de l’investissement» et que la situation actuelle ne lui incombe pas. Une situation qui cause aussi un autre désarroi pour le travail des chauffeurs puisque, selon eux, il n’est plus possible pour l’entreprise de s’acquitter des charges comme le paiement du carburant, de l’entretien des bus et des charges sociales et des polices d’assurance.
A noter que Tahkout, l’homme d’affaires, est l’opérateur numéro 1 du transport des voyageurs en Algérie, où il détient presque le monopole du transport universitaire. Ces bus assurent le transport de la majorité des plus de 1 million d’étudiants au niveau de plusieurs régions. Une fois le transport universitaire acquis, il s’est attaqué à d’autres segments, notamment le transport de voyageurs sur les lignes grandes distances et le transport urbain et suburbain à Alger (Etusa).
Par ailleurs, depuis le début des poursuites judiciaires contre les chefs d’entreprise, «en relation avec El issaba» et leur mise en détention provisoire à la prison d’El Harrach, des milliers de travailleurs se retrouvent sans salaires et voient leur situation socioprofessionnelle devenir précaire et incertaine.