Par Hamid Bellagha

Faisant sienne la formule « on n’est jamais mieux servi que par soi-même », l’Exécutif tente de sauver une campagne agricole qui menaçait d’être moribonde, il y a quelques semaines, avant l’apparition des pluies salvatrices du mois d’avril.
Le train de l’espoir est donc remis en marche et augure une récolte exceptionnelle de céréales, du moins à la mesure des attentes du ministère de l’Agriculture. Le temps de l’insouciance, terminé depuis longtemps, a fait place au pragmatisme et à la réalité d’une Bourse des céréales qui n’en finit pas de se distinguer par des soubresauts qui donnent le tournis au plus apte des argentiers. Depuis les évènements en Ukraine, cette dernière étant un pourvoyeur mondial majeur en céréales de tous genres, le prix de la tonne de blé ne cesse de grimper vers un sommet de courbe qui ne sera pas atteint de sitôt.
La crainte d’une famine qui menace le monde, particulièrement les gros importateurs de blé, dont l’Egypte et l’Algérie, fait que tout un chacun essaie de barricader ses besoins en ayant recours à des achats massifs sur ce qui reste de blé dans le monde, un autre facteur de renchérissement de la matière première de notre pain quotidien.
Et pour éviter de recourir un peu trop souvent au chéquier, l’Algérie tente de cerner les problèmes qui ont fait que l’Algérie s’est transformée d’un pays exportateur de céréales à l’un des plus grands clients des Bourses de blé mondiales. Inutile de revenir sur les causes ayant induit ce résultat, ce serait trop long, trop fastidieux et ce n’est pas notre propos aujourd’hui.
Le plus urgent est de trouver des solutions de replâtrage pour essayer de sauver la face et l’épaisseur du portefeuille tout en pensant à une projection future salvatrice à moyen terme. « La production nationale », le mot magique qui vas nous faire sortir de l’ornière de la dépendance des productions de céréales mondiales, du moins selon le ministère de l’Agriculture. Pour cela, rien de moins que l’achat de toute la production de céréales made in bladi par les CCLS, question de mieux cerner la production et la redistribution, avec, auparavant, une incitation pécuniaire d’encouragement envers les producteurs locaux pour produire plus et mieux.
Des résultats de la filière céréale dépendra donc l’avenir immédiat de l’Algérie, en attendant les réformes du secteur tant promises mais jamais mises en avant à cause, ou grâce, c’est selon, à un portefeuille justement trop fourni pendant des décades.