Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, a souligné hier dimanche à Alger la nécessité de s’appuyer davantage sur les capacités de production nationales compte tenu des fluctuations que connaissent les marchés internationaux des produits alimentaires.

Dans une allocution prononcée lors d’une réunion d’évaluation du secteur, en présence des cadres centraux et des directeurs de l’Agriculture et des Forêts des 58 wilayas, M. Henni a expliqué que «la conjoncture que traverse le monde en matière de couverture des besoins alimentaires des populations, impose à tous les partenaires de changer la politique de production adoptée en s’appuyant davantage sur les capacités nationales». Dans ce contexte, le ministre a appelé à renforcer la coordination entre les différents acteurs du secteur et à s’appuyer sur les compétences nationales pour développer la production nationale. La réunion d’évaluation du secteur a été consacrée à ce qui a été mis en œuvre sur le terrain dans le cadre des programmes tracés, et les mesures à adopter pour la réussite de la campagne agricole de la saison en cours, notamment l’opération moisson-battage ainsi que les mesures préventives de lutte contre les feux de forêts. Selon M. Henni, cette rencontre «permettra de tracer les objectifs et de réorienter la politique agricole à travers un plan de relance du secteur, permettant une amélioration continue de la qualité des produits agricoles», soulignant que «ce choix stratégique a été clairement exprimé à travers l’orientation économique ordonnée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune».
Le ministre a également insisté sur la nécessité de réussir la campagne moisson-battage de l’année en cours, rappelant l’obligation d’acheminer les récoltes aux coopératives de céréales et de légumes secs (CCLS) relevant de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC). Il a mis en avant l’importance de sensibiliser les paysans quant à l’obligation de livrer toutes leurs récoltes aux coopératives CCLS relevant de l’OAIC. Outre les campagnes de prévention et de lutte contre les feux de forêts, des campagnes de sensibilisation dans le cadre de la campagne moisson-battage 2021/2022, seront lancées pour mettre en avant, entre autres, les mécanismes d’incitation offerts aux paysans qui livrent entièrement leurs récoltes aux CCLS, a précisé le ministre. Pour ce faire, ajoute-t-il, il faudra mobiliser tous les moyens nécessaires à la préservation de la richesse forestière, mais également mettre en exécution le plan national de prévention et de lutte contre les incendies, en renforçant notamment le rôle du comité national de protection des forêts et en impliquant la société civile. Par ailleurs, les cadres ont été instruits de se préparer à la période de soudure concernant la pomme de terre, en facilitant la conclusion de contrats de partenariat et de conventions entre les agriculteurs, l’Union nationale des paysans algériens (UNPA) et la Chambre nationale de l’Agriculture. Cette démarche sera supervisée, a expliqué M. Henni, par le Groupe de valorisation des produits agricoles (GVAPRO) et l’entreprise FRIGOMEDIT (Entrepôts frigorifiques de la Méditerranée), et chapotée par le DSA de Ain Defla, lequel devra assurer le suivi de l’opération.
Le SG de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Abdellatif Dilmi, a relevé, pour sa part, l’importance de la coordination entre les différents acteurs dans l’examen des questions liées au secteur agricole pour un meilleur rendement. M. Dilmi a appelé tous les acteurs à trouver des solutions pratiques selon une approche structurée reposant sur le dialogue pour sortir avec une vision adaptée aux exigences de la sécurité alimentaire.
Pour le SG de l’UNPA, «la concertation et le dialogue constituent la base de toute solution quelle que soit la difficulté ou la contrainte». De son côté, le président de l’Union nationale des agronomes (UNA), Mohamed Yazid Hambli, a expliqué que la conjoncture mondiale actuelle imposait une nouvelle politique de gestion du secteur agricole qui doit reposer sur la coordination et la concertation entre tous les partenaires. (APS)