Donner à l’université la possibilité de se réapproprier l’espace qui est le sien, celui de produire du sens et de l’intelligence avec une mission sociétale, tel est le défi que s’est fixé la Coordination nationale des universitaires algériens engagés pour le changement (CNUAC). Nouveau-né dans le paysage syndical, il compte aussi, contexte oblige, porter la voix du peuple dans les différents chantiers lancés par le gouvernement, notamment la révision constitutionnelle. Les initiateurs de ce cadre de débat et de proposition, qui regroupe enseignants et étudiants mobilisés dans le mouvement populaire pour le changement, inscrivent leur démarche dans la finalité de « libérer l’université algérienne des entraves qui l’empêchent de remplir son rôle et ses missions comme centre de savoir et au service du développement de la société». Il s’agit aussi, selon Farid Amirouche, président de ce collectif, de «mobiliser et sensibiliser l’ensemble de la communauté universitaire afin de jouer son rôle intellectuel et d’accompagnement des revendications et des aspirations de la population». La CNUAC compte également tenir un rôle à travers des propositions à introduire dans l’amendement constitutionnel, qui « ne saurait être une simple affaire d’experts», estime le responsable du collectif, selon qui «les auditoriums et les amphithéâtres doivent être utilisés librement par les étudiants ou les enseignants pour débattre les thèmes qui marquent l’actualité du pays». Le même responsable regrette que des enseignants «ne peuvent pas se réunir pour discuter l’actualité politique et sociale du pays, même pas au sein des établissements de l’enseignement supérieur».n