Après la protestation des travailleurs en contrat de travail aidé (CTA) du complexe sidérurgique Sider d’Annaba, lundi dernier, c’est au tour des ouvriers de la Tuberie sans soudure (TSS) de monter au créneau pour exiger de bénéficier de l’augmentation des salaires de 9 000 DA concédée à leurs collègues.

C’est au cours d’une assemblée générale, organisée mardi par le syndicat de cette entreprise implantée à l’intérieur du complexe, que Siad Saïd, secrétaire général de ce syndicat, a dénoncé cette exclusion qu’il dit ne pas comprendre dans la mesure où l’entreprise fait partie intégrante du groupe Sider. «Nous avons informé de cette situation toutes les instances syndicales, union locale et union de wilaya UGTA et nous demandons à ce que cette augmentation soit revue de sorte à intégrer la TSS. Nous revendiquons un traitement égal sur les deux années.  Nous continuerons à réclamer cette augmentation  jusqu’à ce que nous soyons entendus, car nous avons signé la même convention collective et que les mêmes accords que ceux de nos collègues du complexe», a-t-il martelé devant des centaines d’ouvriers venus en masse assister à l’assemblée générale.
Poursuivant, l’orateur abordera la question de la fusion de la TSS avec le groupe émirati, en l’occurrence Emirat Dzayer Steel qui doit absorber cette dernière. «Nous n’avons pas du tout été associés à cette décision de créer ce nouveau groupe industriel. Un projet pour lequel nous n’avons pas été consultés alors que nous sommes le partenaire social sans lequel rien ne peut se faire. Comment peut-on décider sans même nous informer ?»,  s’est interrogé Siad Saïd. Les ouvriers présents ont exprimé leur soutien au secrétaire général et au bureau syndical, qui ont apparemment su convaincre par ce discours ferme qui a réussi à fédérer tout le monde autour de ces revendications. Applaudissements et vivats ont ponctué cette AG, à l’issue de laquelle  des décisions seront prises par le syndicat après concertation avec les travailleurs. M. Siad, que nous avons contacté hier, nous a affirmé que pendant toute la durée de  l’assemblée générale tenue devant le siège de la direction de la TSS et même après sa fin, aucun contact n’a eu lieu avec les responsables de l’entreprise. «Nous nous attendions à ce qu’il y ait au moins une amorce de dialogue, mais personne n’est venu nous voir. Ce n’est pas normal et nous comptons entreprendre d’autres actions au cours de la semaine prochaine», nous a-t-il confié. Sur la fusion avec Emirat Dzayer Steel, il avertira «que personne ne peut remplacer le syndicat élu légalement et rien ni personne ne pourra décider à la place des travailleurs, dont les représentants doivent être associés à cette fusion, leurs acquis et leurs droits doivent être préservés», conclut-il. Hier, lors du conseil d’administration tenu au siège de la TSS pour la désignation du président du CA, la question de l’augmentation des salaires avait été soulevée sans arriver à un accord. La situation risque de prendre une tournure qui pourrait compromettre le business plan de l’entreprise, qui emploie 550 travailleurs.