Après le ciment, l’Algérie devrait atteindre l’autosuffisance en acier et dérivés, avec des perspectives d’exportation importantes.

Cet objectif passera par l’entrée en production du mégacomplexe sidérurgique de Bellara, à Jijel, attendue cette année. Ce sera d’ailleurs sans doute le prochain grand rendez-vous inscrit à l’agenda du ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, qui, après avoir lancé des lignes de production de ciment à Sétif, la semaine dernière, devrait se rendre au niveau du site, actuellement en chantier.
M. Bouchouareb devrait s’y rendre prochainement mais cette visite, programmée depuis des semaines puis retardée pour des considérations inconnues pour l’instant, devrait faire la lumière sur l’état d’avancement du complexe et le développement qu’il connaît. La dernière visite au site remonte à la mi-août 2015, lorsque le ministre devait mettre à profit son déplacement dans la zone afin de couper court, à l’époque, aux informations selon lesquelles le projet aurait été compromis faute de financements nécessaires. Sur place, il avait affirmé que « le projet n’est pas compromis », mais seulement en butte à des « retards » : il s’était montré insatisfait de l’évolution du chantier : « Je suis très mécontent pour ce retard. Le temps est une valeur précieuse. Car chaque heure, semaine ou mois perdu, ce sont des chiffres d’affaires, des fiscalités et des emplois perdus. Et surtout une confiance ébranlée », a-t-il déclaré aux responsables du projet. « Nous avons un seul problème, c’est le temps. Nous ne permettrons à personne de jouer avec cette ressource. Sinon, l’Algérie n’est pas en crise. Au contraire, elle est bien outillée et elle peut affronter le choc à tout moment », a-t-il alors répondu aux interrogations sur les capacités financières du pays, confronté à la crise des prix pétroliers, à mener le projet à son terme. Depuis, le complexe sidérurgique de Bellara, dans la zone industrielle d’El Milia, au sud-est de Jijel, est à un taux d’avancement de 60%, selon le promoteur du projet, Algerian Qatar Steel (AQS), fruit de partenariat entre l’Algérie qui détient 51% et le Qatar avec 49 % du capital. Les travaux du premier laminoir sur les trois prévus dans ce grand complexe industriel sont actuellement à 70 %, ont, de leur côté, souligné des responsables du groupe italien Danielli, chargé de la construction de cet ensemble sidérurgique. S’étendant sur une superficie avoisinant les 216 ha de la zone industrielle, le complexe sera doté de deux aciéries et de trois laminoirs. Il est l’un des plus importants projets d’investissement dont a bénéficié le secteur économique national au titre de la grande dynamique de développement tous azimuts en cours en Algérie depuis plus d’une décennie. A ce jour, plus de 800 pieux et une quarantaine de piliers pour les 3 laminoirs du futur complexe sidérurgique de Bellara ont déjà été posés. Le chantier grouille d’équipes, tous les moyens humains et logistiques nécessaires ayant été mobilisés avec la détermination de parachever, dans les délais impartis, l’un des projets «phare» de l’industrie nationale. D’un coût de 170 milliards de dinars, le chantier du complexe sidérurgique de Bellara offre actuellement 3 000 postes de travail. En phase d’exploitation, ce complexe proposera 1 500 emplois directs et pas moins de 10 000 indirects et métamorphosera toute la région de Bellara. En juin 2016, le site a confié au groupe espagnol d’ingénierie Elecnor – pour 154 millions de dollars (134 millions d’euros)- la construction de stations de traitement des eaux et d’infrastructures ainsi que de leurs dépendances industrielles dans le complexe sidérurgique de Bellara, à Jijel. En parallèle, le complexe sidérurgique attend également la fin des travaux de la mise en place de la ligne ferroviaire qui doit relier le complexe au port de la région. Avec l’entrée en production du complexe de Bellara, l’Algérie produira jusqu’à 6 millions de tonnes d’acier par an – production d’El Hadjar comprise -, « ce qui la conduira vers l’autosuffisance en produits sidérurgiques et lui ouvrira des perspectives d’exportation à l’horizon 2019 », selon les projections de M. Bouchouareb.
A titre de rappel, à lui seul, le complexe sidérurgique de Bellara produira 2 millions de tonnes d’acier à partir de 2017, capacité qui sera portée à 4 millions de tonnes en 2019, de même qu’il disposera d’une aciérie et de trois laminoirs, dont deux pour le rond à béton d’une capacité de 1,5 million de tonnes par an et un pour le fil machine d’une capacité annuelle de 500 000 tonnes.