Le complexe sidérurgique Sider El Hadjar (Annaba), qui vient de sortir difficilement d’une crise suite au blocage de toutes ses unités par les employés protestataires en CDD et CTA, aborde la nouvelle année avec beaucoup d’optimisme et table désormais sur une production de 1,1 million de tonnes de produits sidérurgiques.

En effet, les perspectives de cette année sont bien meilleures dans la mesure où la 2e tranche du plan de réhabilitation et de modernisation des installations sera en grande partie réalisée même si celle-ci s’étale sur quatre ans. Il faut dire que les cadres expérimentés nommés récemment pour superviser la mise en place et la réalisation des objectifs dudit plan, sont hautement qualifiées justifiant d’un capital savoir et savoir-faire à même de leur permettre de réussir. La priorité est cependant accordée en premier lieu au volet technique de l’exécution des projets au nombre de 100, dont 28 déjà lancés en 2018. Pour la concrétisation de ces projets, les pouvoirs publics ont mis dans la cagnotte pas moins de 46 milliards de dinars qui devront servir à une remise à niveau du complexe de sorte que les produits destinés au marché local ou extérieur (exportation) répondent aux normes admises tout en étant compétitifs sur les plans qualité/prix.
De ce fait, une coordination parfaite et un suivi rigoureux incluant un management adapté devront caractériser la mise en plan de cette 2e tranche. Ainsi, l’affectation des cadres techniques traduit une volonté certaine de la direction de doter le complexe de tous les moyens à même de garantir la réussite de cette phase cruciale. «Sur cette opération, nous avons opté pour l’affectation de 276 cadres, sur les 326 nommés pour le coaching des projets, car la priorité pour nous est la partie technique de l’exécution qui exige une maîtrise et une connaissance parfaite de cette partie. Quinze ont été chargés de la gestion et du management qui sont vitaux», a notamment souligné le P-dg du complexe Chems Eddine Mâatallah. Il ajoutera que, sur les 46 milliards de dinars alloués, 20 milliards seront affectés à la reconstruction de la cokerie, la modernisation de la centrale à oxygène, la réhabilitation des deux aciéries et des laminoirs qui seront déterminants quant à l’amélioration des produits, outre les 15 laboratoires mis en place pour le contrôle de la conformité du rond à béton et des autres produits ferreux appelés à approvisionner le marché.
L’autonomie du complexe en matière d’approvisionnement en eau et en électricité s’est imposée, elle aussi, comme une priorité pour éviter les effets de la crise de l’été 2017 qui a vu la production du complexe arrêtée faute d’eau.
De son côté, le syndicat d’entreprise Sider El Hadjar se dit prêt à relever le défi. «Nous mobiliserons les travailleurs autour de ces objectifs qui devront être réalisés pour que le complexe retrouve son niveau de production d’antan, et surtout réaliser le business plan qui table sur une production de 1,1 million de tonnes. Bien sûr, le complexe sidérurgique est notre outil de travail, notre gagne-pain et nous nous devons de le préserver et veiller à ce que les missions de chacun soient accomplies et réalisées pleinement.
Surtout maintenant que nous ne sommes plus seuls sur le marché, la concurrence est une nouvelle donne et nous sommes obligés d’en tenir compte pour que notre produit soit compétitif», nous a déclaré M. Djemai, secrétaire général du syndicat.