Le secteur de la sidérurgie a dû faire face, ces dernières années, à bien des difficultés liées à sa surexploitation par ArcelorMittal, mais aussi du fait des travaux de rénovation et de modernisation, notamment après les incidents lors du redémarrage l’année passée et de la pénurie d’eau. Il connaîtra une embellie en 2018.

Les décisions et les mesures prises récemment par le Conseil de participation de l’Etat, la création d’une nouvelle entité émiratie, Emarat Dzaïr Steel, qui injectera 1,6 milliard d’euros en partenariat avec le complexe Sider, ainsi que le rééchelonnement de la dette, estimée à 122 milliards de dinars, outre une enveloppe de 26 milliards de dinars pour la rénovation de certaines installations, relanceront l’activité industrielle dans toute la région d’Annaba.
La priorité de cet investissement est accordée à la production qui devra satisfaire les besoins exprimés en produits sidérurgiques. Les unités de production se verront ainsi renforcées en équipements avec un encadrement hautement qualifié, et bénéficieront d’une modernisation des installations dont certaines sont devenues vétustes et ne pourront, de ce fait, supporter la cadence de production qu’on veut imprimer.
La relance effective aura un impact très positif sur des secteurs en étroite relation avec la production tels que l’agriculture, les transports, les industries de l’électroménager, les industries mécaniques, dont les besoins sont croissants au vu de l’installation de différents opérateurs économiques activant dans ces secteurs à l’exemple de Cital (Tramways) ou Renault.
L’investissement du groupe émirati, détenteur de 49 % des parts de la nouvelle entité industrielle, concernera en grande partie la modernisation de l’aciérie à oxygène n°2, la réhabilitation de la cokerie à l’arrêt depuis plus de 5 ans. Ce qui permettra d’augmenter la production de billettes, qui passera de 250 000 tonnes/an à 600 000 tonnes/an, pour le rond à béton (RAB) dont la production passera de 200 000 tonnes/an à 400 000 tonnes/an.
Pour faire face aux problèmes d’énergie, il est prévu la réalisation d’une centrale électrique d’une capacité de 500 mégawatts, qui affranchira définitivement le complexe de toute dépendance. Une autonomie qui lui permettra d’être à l’abri de coupures et d’incidents comme cela avait été le cas par le passé. L’alimentation en eau ayant été l’année passée à l’origine de l’arrêt du complexe pendant un mois, une station de traitement des eaux usées, d’une capacité de 60 000 mètres cubes, sera réalisée à proximité de la station d’épuration d’El Allelik qui est déjà fonctionnelle depuis près de dix ans. Cette station de traitement alimentera le complexe quotidiennement et ce en plus des forages réalisés et du réservoir déjà installé.
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction régionale, le syndicat, qui a salué ces décisions tout en remerciant les responsables pour avoir consenti ces investissements, se dit prêt à mobiliser les quelque 5 000 travailleurs et cadres autour des objectifs visés et s’engage à réaliser une production  à même de répondre à la demande exprimée tout en visant l’exportation des produits.
Avec toutes ces mesures, le complexe sidérurgique a mis tous les atouts de son côté pour une véritable renaissance.  Les objectifs tracés tablent sur une exportation de près de 140 millions de dollars en produits ferreux vers la fin de l’année 2018.