Le complexe sidérurgique Sider El Hadjar d’Annaba propose à la récupération par les opérateurs économiques de près de 100.000 tonnes de déchets ferreux non-récupérables au niveau de ses unités, a indiqué hier son directeur-général, Lotfi Kamel Manaâ.

Synthèse Rédaction nationale
«Le processus de production du complexe génère des déchets susceptibles d’être récupérés par Sider El Hadjar et d’autres pas, et ces déchets sont collectés et triés par l’unité FERSID relevant du complexe», a précisé ce responsable qui a souligné qu’une aire de deux (2) hectares est exploitée pour entreposer ces déchets.
Les déchets non-récupérables par Sider El Hadjar peuvent être exploités en dehors du complexe, après transformation dans les secteurs des travaux publics, le bâtiment et certaines activités industrielles, a-t-il indiqué.
Une annonce de vente de ces déchets conformément à un cahier de charges a été faite et plusieurs opérateurs locaux et nationaux, activant dans le secteur de la récupération, ont manifesté leur intérêt, a fait savoir M. Manaâ.
L’opération de recyclage de la ferraille issue de la réforme du haut fourneau numéro 1 sera effectuée au niveau du complexe Sider El Hadjar, a-t-on soutenu, précisant que l’ossature du haut fourneau numéro 1, réformée et mise hors service, représente près de 20.000 tonnes de ferraille récupérable.
Outre les revenus générés par la vente de ces déchets, l’activité de récupération permettra de libérer des terrains susceptibles d’accueillir des activités industrielles secondaires, a-t-on noté.
Le complexe Sider El Hadjar occupe une superficie de plus de 900 hectares et emploie plus de 5.500 travailleurs. Sa production prévisionnelle pour 2022 devrait avoisiner 800.000 tonnes de produits ferreux (ronds à béton, tôles, tubes et bobines).
L’annonce du complexe sidérurgique d’Annaba intervient peu de temps après que le chef de l’Etat ait appelé, lors du dernier Conseil des ministres tenu le 8 mai, à assainir les assiettes foncières dans le périmètre du complexe d’El Hadjar des déchets ferreux en vue de les utiliser comme matière première par le complexe permettant ainsi de créer d’autres industries et activités. En février dernier, M. Tebboune avait ordonné, toujours lors de la réunion du Conseil des ministres, l’arrêt définitif de l’exportation des déchets ferreux, et ce, à partir de la fin mars et son orientation vers le marché national pour appuyer l’industrie, en attendant la régulation du marché, conformément à une étude approfondie des exportations et des importations dans ce domaine.
Pour rappel, en juillet 2021, le ministère du Commerce et de la Promotion des Exportations avait annoncé l’ouverture de l’exportation des produits et marchandises finis et semi-finis issus du recyclage de déchets des métaux ferreux et non ferreux.
En 2014, la loi de finances a, dans son article 75, suspendu l’exportation des déchets de métaux ferreux et non ferreux et des déchets de débris de plomb et des batteries usagées.
Notons également que l’entreprise «Lafarge Algérie» de production de ciment et le groupe de sidérurgie «Tosyali Algérie» ont signé, en février, un accord de partenariat visant la valorisation des déchets industriels et leur réutilisation dans l’industrie. Le Directeur général de Lafarge Algérie, Samir Gharbi avait souligné à ce propos que «l’accord vise à récupérer les déchets industriels métalliques de l’usine du groupe Tosyali à Bethioua (Oran), notamment les déchets ferreux issus des carrières, dans la fabrication du ciment au niveau de l’usine de Oggaz, comme substitut aux métaux ferreux extraits des carrières, une matière non renouvelable et rare au niveau national». n