Frappé il y a cinq ans par un attentat terroriste, le complexe gazier de Tiguentourine (Illizi) renaît de ses centres et voit sa production accroître d’année en année. Les installations ont été remises en marche et pompent désormais un volume en nette hausse, comparativement aux années précédentes, s’établissant à 8,8 milliards de m3 en 2017. 

Un chiffre qui a été fourni, hier, par Salim Djettou, directeur de l’association Sonatrach-British Petroleum (Grande-Bretagne) et Statoil (Norvège). La moyenne de production quotidienne de ce complexe, qui est opéré par l`association Sonatrach-BP-Statoil, oscille entre 22 et 23 millions de m3/jour, a précisé le même responsable à la presse en marge de la visite qu’effectue le P-DG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, à ce complexe. Cinq années depuis l’attaque terroriste du 16 janvier 2013 qui a immobilisé le complexe gazier pendant de longs mois, le site a quasiment retrouvé sa capacité initiale de production de 9 milliards de m3 de gaz/an qu’il assurait avant l’attentat. Des vents favorables soufflent désormais sur la production algérienne de gaz naturel. En 2017, l’Algérie a exporté 55 milliards de mètres cubes de gaz, essentiellement vers le marché européen son débouché traditionnel. Les volumes acheminés vers l’exportation sont en légère hausse par rapport à 2016 ; les exportations se sont établies alors, en quantités, à 54 milliards de mètres cubes. Sonatrach compte beaucoup sur le complexe de Tinguentourine pour améliorer ses scores à l’export. La compagnie publique des hydrocarbures, faut-il le rappeler, avait signé en décembre dernier à Alger avec BP et Statoil un avenant au contrat gazier d’In Amenas afin d’accroître les réserves du périmètre d’In Amenas situé dans le bassin d’Illizi. Les trois contractants avaient ainsi convenu de nouvelles opportunités d’accroissement de réserves au niveau du périmètre d’In Amenas, à travers un potentiel additionnel de l’ordre de 11 milliards de m3/an de gaz, moyennant la mise en œuvre d’un programme d’investissement supplémentaire pour un montant supérieur à 500 millions de dollars.
Ce programme d’investissement, qui comporte notamment le forage de nouveaux puits de développement, un sismique 3D et un projet de compression, permettra de maintenir un niveau de production commerciale du gisement de Tiguentourine au-delà de 2035. La date de signature du contrat initial a eu lieu en 1998 alors que la première mise en production date de 2006. A ce jour, il a été réalisé notamment un centre de traitement principal composé de 3 trains identiques, d’une station de compression du gaz produit comprenant trois turbocompresseurs ainsi que 63 puits forés. En tout cas, en attendant l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels annoncée à moyen terme, l’Algérie investit d’importants efforts pour améliorer le rendement de ses principaux gisements, dont Hassi R’mel et Hassi Messaoud.
L’objectif étant de parvenir à soutenir à la fois l’évolution de la consommation interne, dont les prévisions la situe entre 45 et 55 milliards m3 en 2019, mais aussi à honorer les engagements de l’Algérie auprès de ses clients. Les prévisions de la consommation interne à moyen terme, soit à l’horizon 2023, s’établissent à 47 milliards de m3 et à 75 milliards de m3 à long terme (2030). C’est dire toute la pression à laquelle fait face Sonatrach, prise en tenailles entre une consommation interne qui évolue sans répit et un engagement à l’international qu’il faudra impérativement honorer, faute de quoi les parts de marché de l’Algérie profiteront à d’autres fournisseurs.