L’Algérie et la Tunisie partagent un même espace géographique et culturel et une communauté de destin. De par leur histoire commune, les deux peuples regardent dans le même sens de l’histoire. Depuis 2011, la Tunisie reste un exemple d’évolution, même dans la difficulté, de construction démocratique. Dans un Maghreb particulièrement mal en point, le plus petit pays de par la taille s’avère être celui qui s’ouvre les plus prometteuses des perspectives. Des perspectives que les soubresauts régionaux ont tendance à faire oublier. La position de la Tunisie face à la Libye, devenue le lieu de luttes sourdes entre acteurs étrangers interposés, la fragilise davantage. La crise en Libye met aussi les pays du Maghreb, ou ce qu’il en reste, face à un défi particulièrement existentiel. L’un des pays de l’UMA se retrouve, en effet, dans une situation désastreuse et risque même de voler en éclats. La déstabilisation de la Libye par une intervention étrangère pose directement aujourd’hui au duo Algérie-Tunisie une véritable problématique sécuritaire. Une situation à laquelle il faudrait faire face de façon commune. Il y a va de l’intérêt des deux pays qui ne font qu’un. L’Algérie et la Tunisie sont particulièrement concernées directement par le cas libyen. Il reste incontestable qu’une guerre ouverte dans ce pays ne serait pas sans conséquences sur toute la région. L’arrivée d’éléments terroristes ramenés de Syrie pour servir de nouveau les stratégies des puissances ne fait que redoubler les inquiétudes. Ce sont les pays voisins qui subiront les premiers les conséquences désastreuses d’un pourrissement de la situation. Face aux velléités de déstabilisations des acteurs étrangers pour profiter des richesses de ce pays, il est primordial pour Alger et Tunis de faire front contre les déstabilisateurs. Et de refuser le funeste destin que des mains illusionnistes préparent à la Libye voisine et à son peuple. Il est indéniable que le salut de la Libye ne saurait être que libyen, maghrébin et africain.