Les ressortissants algériens ayant pu quitter le territoire d’Ukraine, en pleine guerre depuis une semaine, ainsi que leurs familles n’attendent que leur retour au pays. Des démarches ont été entreprises par le ministère des Affaires étrangère et de la Communauté nationale à l’étranger pour mener à son terme l’opération de rapatriement, et il semblerait qu’«un vol spécial» aurait été programmé, selon le site Visa Algérie.

PAR INES DALI
Ce dernier a affirmé, hier, qu’un avion d’Air Algérie devait «s’envoler ce mercredi 2 mars à destination de Bucarest, en Roumanie», ajoutant que «le vol retour vers Alger décollera jeudi 3 mars, avec à son bord des Algériens rapatriés d’Ukraine».
Pour sa part, jusqu’à hier en fin d’après-midi, le ministère des Affaires étrangères (MAE) n’a pas communiqué à propos d’une date précise de rapatriement des ressortissants ayant fui l’Ukraine vers un pays voisin. Mais le même site a indiqué qu’«une source au sein d’Air Algérie» lui «a confirmé la programmation de ce vol» aller-retour vers la Roumanie. Il convient de noter que ce ne sera qu’une partie des ressortissants algériens qui rentrerait en Algérie, car d’autres devaient se rendre dans d’autres pays limitrophes de l’Ukraine, à savoir la Pologne, la Hongrie et la Moldavie.
Suivant de près cette situation qui s’est avérée compliquée, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a effectué, avant-hier mardi, «une visite d’inspection à la cellule de crise» au niveau de son département ministériel. Après avoir discuté avec les membres qui la composent, il a souligné «la nécessité de multiplier les efforts» pour suivre la situation des Algériens en Ukraine» et de ceux qui ont fui ce pays vers la Pologne, la Roumanie et la Hongrie, a-t-on appris dans un communiqué du MAE. Il s’est également entretenu par visioconférence avec les ambassadeurs algériens dans ces pays, les enjoignant à «veiller à la sécurité de nos concitoyens et à les prendre en charge jusqu’à leur rapatriement au pays».
Dès les premiers jours de l’éclatement du conflit armé, l’Algérie avait annoncé la décision d’organiser un premier vol de rapatriement au profit de ses ressortissants bloqués en Ukraine. Samedi dernier, l’ambassade d’Algérie en Pologne avait annoncé qu’une opération de rapatriement était en préparation sans donner plus de détail.
L’appel du père de l’étudiant décédé au chef de l’Etat
Ils sont près d’un millier d’Algériens, dont plus de 750 étudiants, à avoir été pris de court par la guerre en Ukraine, malgré le bruit de bottes qui se faisait de plus en plus intense et l’alerte lancée par le MAE à leur adresse leur recommandant l’extrême vigilance dès le 12 février. La précipitation des événements a été inattendue. Samedi dernier, le jeune étudiant en aéronautique, Talbi Mohammed Abdel Monaim, est décédé après avoir été atteint par une balle à la tête. Il était dans la ville de Kharkiv, au nord-est de l’Ukraine.
Sa famille, qui vit aux Emirats arabes unis, tient à récupérer sa dépouille pour l’enterrer dans son pays natal, plus précisément dans la ville de Béni Snouss à Tlemcen (Algérie), n’est pas rassurée de pouvoir accomplir cet acte ultime pour son fils. Le père du défunt, Talbi Moulay Abdelhafid, a fait montre d’une profonde inquiétude à ce propos en se confiant à notre confrère «El-Khabar». Après avoir contacté l’ambassade d’Algérie à Kiev, la capitale ukrainienne, la représentation diplomatique lui avait assuré avoir pris attache avec l’hôpital de la ville de Kharkiv où est décédé son fils, lui demandant de conservée la dépouille jusqu’à ce qu’elle puisse être récupérée par la famille. Mais lorsque le père a demandé qu’on lui donne le numéro de téléphone de l’hôpital en question afin qu’il prenne contact avec la direction et s’assure de la conservation de la dépouille, à sa grande surprise, la réponse était pour le moins étonnante. «On ne lui a pas remis le numéro de téléphone, ce qui a semé le doute», relève la même source. «Je reconnais tous les efforts fournis par nos officiels algériens et par le peuple en aidant la famille», a-t-il dit, tout en lançant «un appel au président de la République» de l’aider dans cette épineuse et douloureuse situation afin que «plus d’efforts soient fournis». «Je veux juste enterrer mon fils», a conclu ce père endeuillé, qui a perdu son fils qu’il n’a pas vu depuis deux ans, en raison des restrictions sanitaires induites par la maudite pandémie.

Tebboune préside une réunion du Haut conseil de sécurité
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale a présidé mercredi une réunion du Haut conseil de sécurité, indique un communiqué de la Présidence de la République. «Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale a présidé, ce jour, une réunion du Haut conseil de sécurité», lit-on dans le communiqué.