N’ayant toujours pas digéré la décision de Nouria Benghebrit de reconduire la commission nationale chargée de la gestion des œuvres sociales du secteur de l’Education nationale, pour une année supplémentaire, les syndicats autonomes prévoient de se réunir dès la reprise des cours la semaine prochaine, pour décider des actions à entreprendre et dire leur mécontentement.

«La décision de reconduite de ladite commission n’a pas encore été signée, mais cette dernière continue à travailler normalement. Cela est inadmissible car son mandat a expiré en mai dernier. Elle est dans l’illégalité, d’autant plus que la majorité des syndicats se sont opposés à sa reconduite», a fait savoir Idir Achour, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). «Il est hors de question de se laisser faire. Pour cela, l’ensemble des syndicats qui se sont opposés à cette décision ont décidé de se réunir, la semaine prochaine, pour débattre de la situation et décider ensemble de la meilleure manière de protester», ajoutera-t-il. Sur ce point, le syndicaliste a indiqué que de nombreuses propositions ont déjà été mises sur la table, à l’instar de celle d’une grève générale de l’ensemble des travailleurs du secteur.
«Il s’agit de l’argent des travailleurs qui est géré de manière totalement opaque. C’est inacceptable. Face à l’absence de dialogue, une action sur terrain reste le meilleur moyen de faire bouger les choses», a-t-il estimé.
Alors que le CLA semble opter pour un débrayage, le syndicat nous a indiqué que la proposition de «cadenasser les portes du siège de la Commission nationale des œuvres sociales», a déjà été émise par d’autres syndicats. Cette action, inspirée de la crise de l’APN lorsque les députés ont fermé les portes à l’aide de cadenas, empêchant le président de l’APN d’y accéder, semble faire des émules auprès des syndicats. «Ladite Commission est dans l’illégalité et c’est à nous d’agir. Et s’il faut cadenasser les portes pour empêcher ses membres de poursuivre leurs activités, nous le ferons volontiers, mais cela dépendra du vote des autres syndicats», a fait savoir idir Achour.
Un avis partagé par Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement technique et secondaire (Snapets).
«Notre appel au gel de l’activité de cette Commission des œuvres sociales n’a pas été pris en considération. Elle doit non seulement être dissoute, mais son mode de gestion doit aussi faire l’objet d’une réforme, car on ne peut pas continuer à gérer l’argent des travailleurs de manière centralisée. Nous ne pouvons pas accepter le fait qu’elle gère l’argent des travailleurs pour une année supplémentaire et nous comptons bien nous faire entendre», a-t-il dit.
S’agissant de la dernière décision de la tutelle d’ouvrir les portes des établissements scolaires les samedis et mardis après-midi, pour aider les élèves en difficultés d’apprentissage, le CLA a qualifié la décision d’«irréfléchie», en précisant que «ce n’est pas le volume horaire des cours qui va améliorer le niveau de l’élève».
«Depuis toujours des séances de rattrapage ont été dispensées aux élèves en difficultés. Cela se faisait de manière volontaire de la part d’enseignants qui jugeaient quelques élèves en difficultés. Cette décision n’a pas de sens d’autant que les enseignants ne sont pas tenus d’assurer ces heures supplémentaires», a-t-il conclu.