Intervenant lors du forum de notre confrère El Hiwar, hier à Alger, le président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (Hiise), Abdelwahab Derbal, a affirmé que la volonté politique est bien là pour assurer à une élection présidentielle «libre et loin de la fraude», invitant toutes les parties à jouer leur rôle pour aboutir à cet objectif. Cette volonté politique est contenue dans «la Constitution, qui énonce que l’organisation d’élections libres est la mission de l’administration puis celle de la haute instance indépendante de surveillance des élections». Mais les élections «restent un travail dans lequel interviennent plusieurs acteurs et le résultat d’une culture au sein de l’Etat et de la société», a-t-il souligné. Pour lui, «si la culture de la liberté et le respect de la loi sont absents, alors on ne pourra pas à ce moment-là réaliser cet objectif». Evoquant, par ailleurs, les lacunes que contiendrait la loi organique relative à la Haute instance indépendante de surveillance des élections, il considère néanmoins que les prérogatives de l’Instance constituent «une plateforme sur laquelle on peut bâtir encore plus dans l’avenir».
D’autre part, il estime qu’« il n’y a pas de contraintes qui empêchent les candidats à retirer les imprimés afin d’obtenir des signatures et de les légaliser ». Il a indiqué, dans ce sens, que le ministère de l’Intérieur a émis, le 19 janvier, une directive officielle allant dans ce sens de la facilitation. M. Derbal a également réagi par rapport au nombre de prétendants (près de 200) : «Je voudrais que vous regardiez les choses et réfléchissiez autrement à la question, on vous disant que si on refusait à un citoyen de se présenter, cela aurait été pris sans doute pour une répression», a-t-il souligné à l’adresse des journalistes présents au siège du journal El Hiwar, à Ben Aknoun. Dans le même sillage, M. Derbal a expliqué que quand le législateur a établi les conditions pour se porter candidat, il n’a pas prévu qu’il pouvait y avoir un tel nombre de prétendants à la présidence de la République. «Je suis sûr que cette question sera prise en considération par le législateur dans le futur», a-t-il fait savoir. «Dans certains pays on exige par exemple que celui qui veut retirer les imprimés de candidature paye une certaine somme d’argent qui est établie à 200 euros dans un pays comme la Belgique», dira-t-il pour donner des exemples liés à cette question. Pour ce qui est du corps électoral, il dira qu’il y a actuellement environ 23 millions d’électeurs, s’interrogeant si ces personnes figurent toutes sur les listes électorales.
M. Derbal a indiqué, en outre, que pour faire évoluer la réglementation liée aux élections, l’Instance qu’il préside va mettre en place prochainement une commission composée de professeurs d’universités et éventuellement des juges, d’ex-membres du Conseil constitutionnel ainsi que d’ex-cadres des directions de la réglementation et des services généraux (Drag) pour la révision des textes existants dans ce domaine. Ce travail se fera juste après l’élection présidentielle de 2019, a-t-il précisé.