Les commerçant ont jusqu’au 31 décembre prochain pour mettre à la disposition des consommateurs des instruments de paiement électronique et leur permettre de régler leurs achats via un compte bancaire ou postal. Une note leur a été adressée jeudi par le ministère du Commerce qui semble croire au paiement électronique dans les opérations de vente et d’achat dans les magasins et les commerces physiques. Ce département motive sa mise en demeure par le rappel que sa «décision intervient en application de l’article 111 de la Loi de finances 2020 portant obligation pour les commerçants de mettre à la disposition des consommateurs des instruments de paiement électronique». Rendez-vous en janvier 2021 !

En effet, les commerçants ont jusqu’au 31 décembre prochain pour mettre à la disposition des consommateurs des instruments de paiement électronique et leur permettre de régler leurs achats via un compte bancaire ou postal. Une note en ce sens leur a été adressée jeudi par le ministère du Commerce, leur rappelant que «cette décision intervient en application de l’article 111 de la Loi de finances 2020 portant obligation pour les commerçants de mettre à la disposition des consommateurs des instruments de paiement électronique».
Dans ce cadre, la tutelle invite l’ensemble des commerçants à se rapprocher des services d’Algérie Poste et/ou des banques et établissements financiers pour formuler une demande d’équipement de leurs locaux commerciaux en moyens nécessaire (TPE, QR Code), en vue d’assurer le service e-paiement, a indiqué la même source. Ajoutant que «les commerçants sont tenus de se conformer à ces dispositions avant le 31 décembre 2020, et ce, en déposant une demande au niveau des services compétents relevant d’Algérie Poste ou des banques, qui leur délivrent des accusés de réception», a-t-on ajouté de même source.
Les pouvoirs publics veulent donc aller le plus rapidement possible vers la généralisation du e-paiement chez les commerçants et rompre avec le recours au cash qui a déjà montré ses limites et ses risques à plusieurs reprises. Nous pouvons citer deux exemples récents sur ce registre, le coronavirus et le risque de propagation du virus que présente la manipulation des billets et pièces de monnaie ainsi que le manque de liquidité qui frappe les bureaux de poste depuis plusieurs semaines, privant les citoyens de leur argent.
C’est d’ailleurs la Covid-19 qui avait relancé, en mai dernier, l’objectif d’une opération terminaux de paiement électronique (TPE) généralisée aux commerçants. Le recours à cet instrument de paiement devra dans un premier temps «se généraliser au sein des professions libérales et des grands espaces commerciaux du pays, notamment les marchés, les grandes surfaces, les grossistes et autres places où circulent quotidiennement l’argent en cash», avait alors expliqué le ministre du Commerce, Kamel Rezig.
Depuis, le manque de liquidités dans les bureaux de poste est venu donner encore plus raison à cette démarche et justifier l’obligation faite aux commerçants de s’équiper de TPE dans les plus brefs délais.
Reste à savoir quelle sera la réaction de ces derniers lorsqu’on connaît le peu d’engouement suscité pour cette corporation ce type de paiement depuis le lancement de l’opération en 2018. Au mois de juillet dernier, ils n’étaient, en effet, que 3 000 commerçants à avoir déployé leur appareil, avait révélé le ministre de la Poste et des Télécommunications, Brahim Boumzar. «Il n’y a pas eu d’engouement des commerçants, ce qui n’est pas normal», a-t-il regretté, rappelant que son département est en train de coordonner avec celui du commerce « pour encourager l’utilisation des TPE». Une opération qui passe par «des textes réglementaires pour forcer les commerçants à adopter les TPE», a soutenu M. Boumzar.
En fait, ces derniers encourent une amende de 50 000 DA s’ils refusent de se conformer aux instructions de leur ministère de tutelle. Mais ce dernier procède d’abord par des mesures incitatives dont l’appareil offert gracieusement au commerçant.
Manque de liquidités : le Directeur général d’Algérie Poste s’explique
Concernant le manque de liquidités qui continue à faire l’actualité des bureaux de poste, le Directeur général d’Algérie Poste, Abdelkrim Dahmani, a déclaré à l’ENTV que ce problème était le résultat du manque de réception des fonds de la Banque d’Algérie. A cela s’ajoute une baisse des dépôts des banques commerciales et de la Banque d’Algérie, en plus de la crise sanitaire qui a eu un impact négatif sur les dépôts en espèces à la Banque d’Algérie, a encore justifié M. Dahmani.
Concernant les montants injectés dans les bureaux de l’entreprise, le même responsable a fait savoir qu’ils ont atteint 171 milliards de dinars durant la période allant du 1er au 25 août, mais que 262 milliards de dinars ont été retirés au niveau du réseau Algérie Poste. Il a, en outre, rappelé que la société qu’il dirige avait mis en place plusieurs mesures pour alléger la pression sur les bureaux de poste en plafonnant les retraits et en les suspendant pour les personnes morales.
«Nous avons privilégié l’utilisation des moyens de paiement scripturaux comme le chèque certifié ou le virement de compte à compte», a-t-il expliqué, précisant qu’Algérie Poste est en train d’orienter ses clients vers les moyens de paiement électronique, à travers les différentes applications comme «Baridi Pay» ou «BaridiMob ».
Pour rappel, le manque de liquidités chez Algérie Poste dure depuis déjà quelques mois. Il s’est fait ressentir notamment à la veille de l’Aïd El Adha, poussant le président de la République à instruire le Premier ministre d’ouvrir une enquête, mais aussi sur d’autres incidents qui ont marqué le quotidien du pays ces dernières semaines, à savoir les incendies qui ont dévasté plusieurs hectares de forêt, l’arrêt de l’usine de dessalement de mer de Fouka, qui a provoqué d’insoutenables perturbations d’alimentation d’eau potable à Alger et Tipasa, ou encore les coupures d’électricité durant la même fête.
Pour Abdelmadjid Tebboune, tout comme Abdelaziz Djerrad, ces incidents sont des «actes prémédités» visant à «créer la fitna et l’instabilité» dans le pays.