L’appel à la grève, lancé par le Collectif des organisations et associations professionnelles de Tizi Ouzou, regroupant l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), le Collectif d’appui à la microentreprise (CAM)

et la section de Tizi Ouzou de la Fédération nationale des jeunes entrepreneurs (FNJE) n’a pas eu l’écho escompté. La direction du commerce estime à 10% le taux de suivi de la grève ignorée par les commerçants de la ville du chef-lieu de wilaya et la cité mitoyenne de Draâ Ben Khedda, où les commerçants ont normalement travaillé. Pour les trois organisations professionnelles, dont le rassemblement organisé devant le siège de la Casnos a drainé plusieurs dizaines de personnes, leur appel à un débrayage de deux jours adressé aux commerçants, aux éleveurs, agriculteurs, promoteurs, transporteurs et professions libérales est une réussite. «La première journée de grève initiée par l’UGCAA a été une réussite», à en croire un communiqué diffusé sur la page Facebook de cette organisation. Il y est fait mention d’une grande «mobilisation des commerçants de notre wilaya qui ont répondu au mot d’ordre de grève par conviction et par principe». Revenant sur les motivations de la grève observée, à son initiative, il y a quelques mois (fin de l’année 2017), l’UGCAA dénonce «l’acharnement que subissent de nombreux commerçants» de la part de l’organisme de sécurité sociale Casnos. Ce dernier procède «à la réévaluation systématique des cotisations, à une généralisation de redressements d’une façon bête et anarchique».
Une pratique qui fait sortir de ses gonds l’UGCAA qui appelle tous les opérateurs concernés à être «solidaires jusqu’à la satisfaction de nos revendications légitimes».
Il convient de rappeler que l’appel à la mobilisation, lancé pour la deuxième fois depuis le début de l’année en cours, à leurs adhérents par ces trois organisations professionnelles (UGCAA, CAM et FNJE de Tizi Ouzou) vise «à dénoncer les redressements abusifs, les descentes punitives, infondées et le chantage orchestré par les services de la Casnos». Le payement de la cotisation à la Caisse de sécurité sociale au taux minimum est la revendication phare des grévistes qui demandent «l’application de la loi qui permet au commerçant de payer le minimum». Une loi, estiment-ils, qui n’est pas appliquée de la même façon sur l’ensemble du territoire national. «Nous avons constaté une disparité régionale et nous estimons que c’est inconcevable !», dénoncent les auteurs de l’appel à la grève. Il est à souligner qu’à Tizi Ouzou, l’UGCAA est fractionnée en deux ailes, l’une dirigée par Zaidat Salim et l’autre par Djebbar Samir. Cette dernière a appelé, au milieu de la semaine en cours, au boycott de cette grève qu’il a qualifiée d’inappropriée. Ce qui n’est pas du goût de la partie adverse qui dénonce, dans un communiqué, «des manœuvres visant à déstabiliser notre organisation et à discréditer notre action de grève générale, prévue les dimanche 29 et lundi 30 avril. Ce parasitage est orchestré sur Facebook et sur le net par un pseudo bureau «désigné», auquel on a promis une assiette de terrain pour une partie des grossistes qui ne verra jamais le jour. Il se réclame de l’UGCAA et qui, en plus d’être illégitime car non élu et sans aucune base réelle, s’adonne à un travail de sape et de dénigrement de notre organisation et de ses actions programmées».n