La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a annoncé, hier mercredi, une baisse de 7% à 9% de la valeur du commerce mondial pour 2020, malgré des signes de rebond au troisième trimestre. Négatif pour tous sauf pour la Chine, dont les exportations se sont stabilisées au deuxième trimestre et rebondi au troisième trimestre, le commerce mondial sera d’environ 5% au troisième trimestre par rapport à la même période en 2019, précise la même source.

Les prévisions préliminaires de la Cnuced prévoient une baisse de 3% au quatrième trimestre par rapport à la même période en 2019. Cependant, elles soulignent que ce chiffre est encore incertain en raison des inquiétudes quant à la manière dont la pandémie de la Covid-19 évoluera et affectera l’activité économique mondiale dans les mois à venir.
Si aucune région n’a été épargnée par la baisse du commerce international au deuxième trimestre de 2020, la baisse la plus marquée, selon la Cnuced, a concerné les régions du Moyen-Orient et d’Asie du Sud, où les importations ont chuté de 35% et les exportations de 41%. En septembre, la conférence onusienne pour le commerce et le développement a mis en garde contre une «décennie perdue» et prédit que l’économie mondiale se contractera de 4,3% cette année (une prévision proche de celle du FMI qui a annoncé une contraction de 4, 4% en 2020), tout en s’attendant à un retour en territoire positif avec un taux de croissance de 4,1% en 2021. Dans ce contexte, la Banque mondiale (BM) fait l’éloge de l’intégration commerciale au sein de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) et avec le reste du monde. Dans son dernier bulletin d’information économique, «Commercer ensemble : vers une relance de l’intégration de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord à l’ère post-Covid», la BM constate les effets négatifs du double choc économique induit par la pandémie et la baisse des prix du pétrole. Les répercussions sur tous les aspects des économies de la région devraient se traduire par une contraction de 5,2 % en 2020 – un taux inférieur de 4,1 points de pourcentage par rapport aux prévisions d’avril 2020 et de 7,8 points de pourcentage à celles d’octobre 2019.
Dans son bulletin, la BM propose un nouveau cadre d’intégration qui va au-delà de la réduction des tarifs douaniers. Il recommande de privilégier le commerce régional en matière de sécurité alimentaire, de systèmes de santé, d’énergies renouvelables et d’économie du savoir. Il propose par ailleurs d’établir un marché numérique commun pour améliorer les échanges dans la région et avec les autres pays d’Afrique et les pays méditerranéens. La Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) offre aussi une chance aux régions MENA et Afrique subsaharienne de simplifier et d’harmoniser leurs mesures non tarifaires, indique le bulletin de la BM. Le dialogue bilatéral en cours avec l’Union européenne devrait, selon la même source, viser à faire une place à l’agriculture et aux services, ce qui serait grandement avantageux pour les pays MENA. Il devrait en outre aborder les questions de mobilité de la main-d’œuvre dans le domaine du commerce. <