Par Milina Kouaci
La situation se corse depuis hier dans le secteur du commerce avec le passage des agents de contrôle commercial et de lutte contre la fraude à la grève illimitée. Ce mode de débrayage a été abandonné plusieurs fois par les contestataires qui misaient sur une réponse favorable de la part de la tutelle.
Mais ne voyant rien venir du côté du département de Rezig, qui fait déjà face à des critiques acerbes compte tenu de la hausse vertigineuse des prix sur les marchés, les contestataires ont décidé de donner de « l’épaisseur » à leur action. « Le recours à la grève illimitée est devenu incontournable vu l’attitude de la tutelle faite d’atermoiement et de fuite en avant », s’indigne Mohamed Allali, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs du commerce (SNTC) qui reproche à Rezig de « ne pas tenir ses engagements » quant aux revendications des agents de contrôle. « Le ministre a promis à maintes reprises de satisfaire nos revendications mais sans prendre d’engagements concrets pour régler les problèmes du secteur », accuse Mohamed Allali.
Ce dernier reproche à la tutelle son « mutisme et de ne pas daigner rassurer les fonctionnaires sur des revendications qu’elle avait qualifié de légales », ajoute M. Allali. Il regrette de ne pas enregistrer « une évolution positive » concernant les revendications socioprofessionnelles des travailleurs.
Notre interlocuteur appréhende que le conflit s’inscrive davantage dans la durée invitant la tutelle « à ouvrir sérieusement des canaux de dialogue et de concertation pour le bien des deux parties ». « Nous sommes une catégorie exposée au danger, aux agressions et insultes, travaillons des heures supplémentaires sans primes et on est classés les derniers dans le régime indemnitaire », s’offusque M. Allali.
La colère des travailleurs s’exprime par leur forte adhésion au premier jour de la grève ouverte, qu’il estime à 86,17%. Notre interlocuteur impute la responsabilité dans l’arrêt de travail à la tutelle qui a coutume d’avoir « recours au tribunal administratif pour casser notre mouvement de grève alors qu’il doit appeler au dialogue pour apaiser la grogne des protestataires », dénonce M. Allali.
Pour reprendre le travail, le SNTC revendique du concret. « On est las des promesses, on espère que le ministère satisfera au moins une seule revendication pour rassurer les agents de contrôle », ajoute M. Allali.
Il y a lieu de rappeler que les revendications du SNTC portent sur la révision du statut particulier des fonctionnaires du secteur, ainsi que la révision du décret exécutif 205/11 portant le régime indemnitaire des corps spécifiques du secteur du commerce.
Ils réclament une promotion à des grades supérieurs, le versement des sommes obtenues du recouvrement des contraventions rédigées par les agents de contrôle dans le compte spécial créé suivant la loi 238-06 portant création de la caisse des recettes complémentaires et sur la réactualisation de la prime de l’IFRC.