Le bras de fer qui oppose le ministère du Commerce aux agents de contrôle commercial et de lutte contre la fraude risque de se poursuivre. Après un premier débrayage de deux jours, observé les 3 et 4 janvier dernier, un deuxième, de quatre jours, entamé dimanche dernier, et qui a pris fin hier, voilà que le Syndicat national des travailleurs du ministère du Commerce (SNTC) brandit cette fois la menace d’une grève illimitée.
Les protestataires font une évaluation «satisfaisante» quant au taux de suivi de l’action de contestation, qu’ils estiment à 87%. «Le mouvement de grève a paralysé l’ensemble des directions du commerce et a connu une large adhésion au mot d’ordre dans toutes les directions du commerce», dit-il. Ce mouvement de grève s’inscrit dans la durée vu qu’aucun signe de dénouement ne se profile à l’horizon en dépit de l’annonce faite au cours de la semaine par le département de Kamel Rezig qui a indiqué que les portes de dialogue sont ouvertes pour son partenaire social. «Ce sont des déclarations destinées à la consommation médiatique. Nous n’avons reçu aucune offre de dialogue afin de pouvoir se pencher sur nos revendications», a fait savoir Mohamed Allali, secrétaire général du SNTC, qui exerce sous l’égide de la centrale syndicale UGTA.
Il annonce, par ailleurs, que l’option de passer à une grève illimitée est «inéluctable» après n’avoir enregistré «aucune évolution positive» concernant les revendications socioprofessionnelles des travailleurs, indiquant qu’une date pour ce mouvement sera arrêtée au cours de la semaine prochaine.
«Nous allons vers grève illimitée dont les conséquences seront sans doute lourdes», poursuit M. Allali, qui fait part de la «détermination» de cette catégorie d’aller jusqu’au bout. «Nous n’abandonnerons pas tant que nos doléances restent en suspens. La colère de la base ne s’atténue pas en raison de l’indifférence de la tutelle qui campe sur sa politique de fuite en avant», dénonce notre interlocuteur, en précisant que le choix de la grève était la «dernière alternative». Il ajoute : «Nous sommes dans un secteur vital et sensible, mais au lieu de tenter de se concerter autour de nos revendications, la tutelle a opté pour la désinformation de l’opinion publique en prétextant que notre grève n’a été suivie qu’à 50%.» «Et à supposer que c’est le cas, ce pourcentage n’est-il pas suffisant pour que le ministère convie le syndicat pour un tour de table autour de notre plateforme de revendications ?», s’interroge le syndicaliste.
Les agents de contrôle, estime le secrétaire général du SNTC, sont «marginalisés et exposés» au risque. Ils font leur travail «sans qu’on mette à leur disposition les moyens pour l’accomplir convenablement». «Nous sommes un service qui veille au respect des lois de la République et qui subit les agressions verbales et parfois physiques de la part de certains commerçants chez lesquels on relève des infractions passibles de peines sans qu’on soit protégés», clame M. Allali, qui explique qu’ils se déplacent également par leurs propres moyens. «Nous avons travaillé dur pendant la propagation du coronavirus, y compris les agents femmes en état de grossesse et celles qui élèvent des enfants de moins de 14 ans, qui devaient bénéficier pourtant d’un congé exceptionnel rémunéré», regrette M. Allali.
Pour rappel, les agents de contrôle demandent une révision du statut particulier censé permettre une revalorisation salariale en adéquation avec les autres corps similaires. Ils réclament également leur part des revenus du Centre national du registre du commerce (CNRC) ainsi que l’ouverture de postes budgétaires pour les travailleurs qui ont eu des diplômes au cours de leur période de travail, ainsi que le rééchelonnement des fonctionnaires ayant plus de 10 ans d’expérience. Les grévistes réclament également la révision du décret exécutif 205/11 portant régime indemnitaire des corps spécifiques du secteur du commerce.
Le syndicat exige de la tutelle d’effectuer des réformes sur les lois en vigueur relatives au contrôle des activités commerciales notamment la protection du consommateur et la répression de la fraude. n