Ce n’est pas le dénouement pour la contestation des agents de contrôle relevant du ministère du Commerce.
Une semaine après un premier débrayage, les agents de contrôle commercial et de lutte contre la fraude renouent avec la protestation en décidant d’inscrire leur mouvement dans la durée vu qu’aucun progrès n’a été enregistré concernant les revendications socioprofessionnelles formulées par les travailleurs.
Ces derniers entrent en grève de quatre jours, à partir d’aujourd’hui, en réponse à l’appel du Syndicat national des travailleurs du ministère du Commerce (SNTC), annonce cette structure syndicale dans un communiqué rendu public, reprochant à la tutelle de compter sur «l’usure» des protestataires.
Le syndicat, qui exerce sous l’égide de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), indique que le recours à ce débrayage a été décidé afin de rappeler à la tutelle la situation socioprofessionnelle que vivent les fonctionnaires et de dénoncer l’attitude du ministère qui demeure sourd et indifférent à leurs doléances. «Le syndicat a été contraint de recourir à la grève, seule voie légale pour exiger la satisfaction de nos revendications socioprofessionnelles et dénoncer l’atermoiement dans la satisfaction de nos doléances», écrit le syndicat dans son communiqué.
Cette organisation syndicale accuse le ministère de fermer les portes du dialogue et d’adopter une politique d’intimidations envers les protestataires. «Au lieu d’ouvrir les portes du dialogue pour trouver une issue aux revendications exprimées, elle adopte la politique d’intimidation et de bâillonnement à l’encontre des protestataires sachant que la grève est un droit garanti par la Constitution», s’indigne l’organisation.
Selon la même source, la grève de deux jours, observée les 4 et 5 janvier dernier, a eu un écho considérable auprès des agents de contrôle. Le syndicat estime le taux de suivi à l’échelle nationale au premier jour de débrayage à 86%, et de 87% au deuxième jour. Celui-ci a même atteint les 100% dans certaines wilayas, indique la même source.
Le syndicat, qui a décrété une grève de quatre jours, n’écarte pas le recours à une grève ouvrable dans le cas où la tutelle continue d’ignorer les revendications du syndicat. Cette organisation syndicale appelle les hautes autorités à intervenir pour mettre un terme à la situation de blocage au sein du ministère au vu de l’arrêt de l’activité des agents de contrôle dans toutes les directions du ministère, et qui impactera «négativement» la situation des marchés pour absence de contrôle. Il en est de même pour les inspections aux frontières dont la grève «complique l’entrée de produits à travers les ports».
Le syndicat demande ainsi l’intervention des hautes autorités afin de préserver la stabilité de ce secteur vital et d‘assurer la continuité du service public. Le secrétaire général du Syndicat national des personnels du ministère du Commerce, affilié à la Fédération nationale du commerce et du tourisme (FNCT), Ahmed Allali, qui insiste sur la légitimité des revendications, affiche la disponibilité du syndicat à arrêter ce mouvement de contestation dans le cas où le ministère prend en charge les préoccupations socioprofessionnelles des travailleurs.
Pour rappel, les agents de contrôle demandent une révision du statut particulier pour permettre une revalorisation salariale en adéquation avec les autres corps similaires. Ils réclament également leur part des revenus du Centre national du registre du commerce (CNRC) ainsi que l’ouverture des postes budgétaires pour les travailleurs qui ont eu des diplômes au cours de leur période de travail ainsi que le rééchelonnement des fonctionnaires ayant plus de 10 ans d’expérience.
Les grévistes réclament également la révision du décret exécutif 205/11 portant le régime indemnitaire des corps spécifiques du secteur du commerce.