Le ministre du Commerce a fait état de la radiation des commerçants coupables d’avoir enfreint la réglementation en vigueur en s’adonnant à des pratiques de spéculation, de monopole ou de vente de produits périmés. L’annonce de Kamel Rezzig intervient alors que le secteur du commerce et au coeur des préoccupations citoyennes au vu de la course effrénée vers les espaces de vente, créant ainsi une situation «anormale, jusqu’à provoquer des pénuries» pour ce qui est de certains produits de base.

S’exprimant dans un entretien à l’agence officielle APS, le ministre du Commerce a expliqué que ces mesures interviennent en concrétisation des orientations contenues du Haut-conseil de sécurité, prévoyant la radiation de tout commerçant dont la spéculation, le monopole ou la commercialisation de produits périmés sont avérés.
Le ministre a relevé, dans ce sens, que les directeurs du commerce au niveau des wilayas ont été instruits du suivi de ces violations, sous la supervision des walis, soulignant que «des mesures coercitives ont été prises, en coordination avec les autorités sécuritaires, contre les commerçants illégaux, les spéculateurs et ceux qui vendent des produits périmés».
Combien de contraventions ont été enregistrées par les services concernés ? Le ministre du Commerce n’en donne pas les chiffres ni des indications utiles de nature à mesurer l’ampleur des pratiques contraires à la réglementation.
M. Rezig a fait état, par ailleurs, de la saisie d’importantes quantités de marchandises dont la durée de validité a été dépassée, ce qui constitue un vrai danger sur la santé publique fortement bousculée par la propagation du coronavirus.
Estimant que ce sont là des opérations «inédites» ces 20 dernières années, M. Rezig a indiqué que son département a fait le choix de «la politique de la carotte avec les commerçants intègres et du bâton à l’égard des malhonnêtes».
Il a noté, par la même occasion, que les produits saisis lors des différentes opérations ont été mises «à titre exceptionnel» à la disposition des walis en tant que réserves à partager aux nécessiteux au lieu de les orienter vers la direction des Domaines comme stipule la loi, soulignant la mise en place, dans chaque wilaya, d’une instance ayant pour mission la distribution des aides aux catégories nécessiteuses.
Le ministère du Commerce exerce les prérogatives qui lui sont attribuées, et fixées par la loi, consistant en la régulation, la supervision et le suivi des offices et des entreprises publiques et privées», a soutenu M. Rezig récusant ainsi «un quelconque impact négatif sur les prix du fait de la lutte contre la spéculation et la fraude».
S’agissant de la conjoncture, il a expliqué que les marchés ont été impactés durant les premières semaines de la propagation du Coronavirus suite aux mesures limitant les rassemblements à travers la fermeture des grands espaces commerciaux, suscitant chez le citoyen une frénésie d’achats pour stocker.
Pour lui, la forte demande sur les produits alimentaires, «beaucoup plus importante que les prévisions» et la multiplication des quantités consommées ont entraîné une rupture de stock en très peu de temps.
Cependant, le ministère a réussi par une série de mesures à stabiliser les marchés, que ce soit pour les produits alimentaires ou les fruits et légumes, à travers les 48 wilayas, a rassuré le responsable.
Le ministre a tenu, dans ce registre, à rassurer que les quantités de produits alimentaires disponibles en stock sont suffisantes pour un approvisionnement jusqu’au premier trimestre de 2021.
Il a rappelé à cet effet les mesures de vente directe par les minoteries aux citoyens afin de réduire la pression, après les instructions données aux 48 directeurs de wilaya et 8 directeurs régionaux.
Cette opération s’est répercutée, ajoutera-t-il, sur les prix qui ont baissé à un niveau «raisonnable» après une flambée spectaculaire durant les premiers jours de cette crise sanitaire.
37 licences de production de gel hydroalcoolique
Par ailleurs, M. Rezig a indiqué que la tutelle du commerce a accordé, ces dix derniers jours, 37 licences de production de gel hydro-alcoolique à des entreprises fabriquant ce produit en vue d’encourager sa production, d’autant qu’il connaît une forte demande du fait de la propagation de la pandémie de Covid-19,
«Le secteur du Commerce attache une grande importance au contrôle des produits destinés à la stérilisation et à la désinfection pour faire face à la pandémie, notamment en ce qui concerne le gel hydro-alcoolique», a déclare le même responsable.
Il a appelé, en outre, les petites et moyennes entreprises (PME) actives dans la production de ce produit, à titre gracieux ou pour la vente, à se présenter aux services du ministère du Commerce au niveau des 48 wilayas à l’effet de déposer leur demande de licence comprenant une demande administrative et le rapport du laboratoire portant composition du produit ainsi que les documents administratifs de l’entreprise en question.
M. Rezig a ajouté que les services du ministère ont contacté certaines entreprises productrices de ce produit pour les inviter à régulariser leur situation juridique, à même de leur permettre de poursuivre leurs activités de manière légale.
«Nous allons temporiser avant d’appliquer la loi car la conjoncture est difficile et le produit est important pour le citoyen, mais nous redoutons la contrefaçon ou la manipulation de la composante du produit, c’est pourquoi nous avons convoqué les entreprises productrices et leur avons demandé de compléter leurs procédures légales», a expliqué le ministre.<