par Milina Kouaci
L’absence des agents de contrôle commercial se fait encore sentir sur le terrain. La tendance haussière des prix affichée sur les produits de large consommation, depuis l’entame du Ramadan, ne connaît toujours pas de sens inverse, et ce, dans l’impunité totale.
Les spéculateurs poursuivent leur sale besogne, profitant visiblement de la grève illimitée des agents de contrôle et de lutte contre la fraude, entamée dimanche et qui se poursuivait hier. Pour sa deuxième journée, ce mouvement de contestation a enregistré un taux de suivi évalué à 86 % sur le territoire national, atteignant jusqu’à 100 % dans certaines wilayas, selon Ahmed Allali, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs du commerce (SNTC) affilié à l’UGTA.
Ces derniers avaient tiré la sonnette d’alarme et invité la tutelle à statuer sur leurs revendications avant le début de Ramadan, «afin d’éviter d’aller vers le pourrissement et protéger notamment le consommateur contre ceux qui recourent au stockage de la marchandise pour créer la rareté et l’augmentation des prix», indique M. Allali, regrettant que la tutelle ait ignoré cet appel.
M. Allali reproche, par ailleurs, au département de Kamel Rezig d’exercer «une pression» sur les directeurs de commerce. Le ministre leur aurait demandé de «contraindre les grévistes à reprendre le travail, alors que nous ne sommes pas prêts à céder sans engagements concrets», poursuit notre interlocuteur. Lequel estime qu’il était «judicieux d’appeler au dialogue au lieu de tenter de casser le mouvement de grève par tous les moyens».
D’après notre interlocuteur, les agents de contrôle commercial veillent à l’intérêt du consommateur et du commerçant en parallèle. «Notre rôle est primordial dans le contrôle des pratiques commerciales en vérifiant sur le terrain le respect des obligations qui pèsent sur les agents économiques intervenant à différents stades de la sphère commerciale, entre grossistes, détaillants, importateurs, fournisseurs.
Nous opérons jusqu’à 10 000 interventions par jour sur le territoire national», explique encore le syndicaliste, soulignant que lorsqu’une infraction est constatée, les agents établissent des procès -verbaux pour la poursuite judiciaire à l’encontre des contrevenants, comme ils peuvent prendre des mesures conservatoires.
«Nous assurons de lourdes tâches, mais les conditions socioprofessionnelles dans lesquelles nous exerçons ont poussé de nombreux collègues à la démission et gagner d’autres secteurs de la Fonction publique», poursuit
le secrétaire général du SNTC, précisant qu’actuellement, «plus de 60% de la corporation sont des femmes», alors que ce métier reste «exposé au danger et aux agressions», rappelle-t-il.
Les grévistes du secteur du commerce ne comptent reprendre le travail qu’avec la satisfaction concrète de leurs revendications. Elles portent, entre autres, sur la révision du décret exécutif 205/11 et la réactualisation de la prime de l’IFR. Ils réclament également une promotion à des grades supérieurs ainsi que le versement des sommes obtenues du recouvrement des sommes des contraventions rédigées par les agents de contrôle dans le compte spécial créé suivant la loi 238-06 portant création de la caisse des recettes complémentaires.