Les opérateurs algériens à l’export devraient bénéficier prochainement de l’assistance d’une banque d’import-export. C’est ce qui ressort de la déclaration du président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), le 21 juin à Blida. Reda Tir, dont les propos ont été rapportés par l’APS, a affirmé que la Banque d’Algérie a donné son feu vert pour la création d’un établissement bancaire spécialisé dans l’import-export. Il a ajouté que cette future structure, dont la création est revendiquée depuis plusieurs années par les chefs d’entreprise concernés ainsi que les associations de défense de leurs intérêts, dont l’Anexal, répondra enfin aux nombreuses doléances exprimées par la communauté des exportateurs face aux problèmes qu’elle rencontre sur le terrain.

Par Kahina Sidhoum
Selon le président du CNESE, «la demande formulée, en janvier dernier, par le CNESE au Président de la République, concernant la création d’une banque d’import-export a été approuvée par la Banque d’Algérie, ce qui constitue un acquis important pour les exportateurs algériens». Réda Tir ajoute qu’à «la suite de cet accord, il y a lieu de relever que les propositions du Conseil sont en voie de concrétisation». «Il ne reste que la création de cette banque», a-t-il poursuivi, sans donner d’indications sur la date d’ouverture de cet établissement longtemps attendu.
Le président du CNESE a fait savoir également que l’on s’acheminait vers la création de la «maison de l’export», une idée du chef de l’Etat bientôt concrétisée, a-t-il relevé. Reda Tir a expliqué que l’annonce de création d’une banque de l’import-export correspond à la vision du CNESE en matière de financement de projets d’affaires en Algérie et à l’étranger. La «maison de l’export», qui pourrait prendre le nom d’«Agence nationale des exportateurs» devrait, selon lui, apporter les réponses aux questions logistiques auxquelles sont confrontés les opérateurs.
L’annonce de l’ouverture prochaine d’une banque dédiée spécialement aux opérations d’import-export devrait déblayer une partie importante du terrain dans lequel agissent les opérateurs concernés. Ils devront disposer d’un établissement qui connaît le terrain et ses besoins en matière de financement et d’accompagnement au déploiement sur les marchés extérieurs notamment. Il reste cependant à connaître dans quel contexte réglementaire cette banque va-t-elle évoluer, notamment en ce qui concerne la question cruciale des changes. Sans un assouplissement de la réglementation dans ce domaine, les marges de manœuvre des exportateurs algériens resteront étroites, souligne depuis longtemps l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal).
Lundi 21 juin, son président Ali-Bey Nasri a une nouvelle fois lancé un appel à de nouveaux mécanismes permettant de faciliter les transferts en devises des exportateurs de l’intérieur et vers l’extérieur (du pays) lors de leurs transactions financières. «Le transfert des devises de l’intérieur et vers l’extérieur est la plus grande contrainte rencontrée par les opérateurs économiques algériens exportateurs», a-t-il déclaré en marge de la rencontre sur «le marché des équipements électriques et les potentialités d’exportation», un évènement organisé par le CNESE à Blida et en marge duquel s’était exprimé son président sur le projet de la banque d’import-export. Pour le chef du département «gouvernance et régulation» au CNESE, l’objectif de «la création d’une banque spéciale pour les importations et les exportations consistera à assurer les transferts en devises et l’accompagnement des opérateurs économiques durant leurs transactions commerciales, notamment au volet investissement». Sofiane Mezari a par ailleurs estimé que ce futur établissement permettra de «protéger les données commerciales de ses clients, tout en évitant leur exploitation par des banques étrangères au profit de sociétés concurrentes». Sur cette filière, le président du CNESE, M. Tir a dit qu’elle représente pour ses opérateurs une opportunité de se projeter sur des marchés extérieurs. «Les équipements électriques font actuellement l’objet d’une forte demande sur les marchés émergents et pour les infrastructures de base de tous les pays, notamment en Afrique, qui représente un véritable débouché pour l’exportation», a-t-il soutenu. Le marché des équipements électriques «offre une réelle opportunité pour la croissance et les affaires en raison, notamment, du développement des réseaux électriques intelligents et de l’accélération de la mobilité électrique dans les différents réseaux de transport (réseau intelligent) et leurs applications», a-t-il soutenu. Parmi ses invités, le patron de Sonelgaz qui tente de s’implanter durablement sur le marché libyen, comme première marche vers d’autres marchés africains, après avoir envoyé dans le pays voisin des équipes techniques de soutien et d’ingénierie. <