Après les journées « portes ouvertes », organisées en fin de semaine dernière par l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex), c’est au tour du ministre du Commerce de rappeler au Conseil de la Nation l’engagement de son département en faveur des opérateurs en relation d’affaires avec les pays du voisinage. Une partition destinée à rassurer une filière « export » en mal de repères solides.

Par Kahina Sidhoum
Les postes frontaliers de Debdeb, dans la wilaya d’Illizi, et de Taleb-Larbi dans la wilaya d’El Oued, seront bientôt ouverts au trafic commercial, a indiqué, jeudi 25 mars, le ministre du Commerce lors de son passage au conseil de la nation (Sénat). Il s’agit, a déclaré Kamel Rezig, en réponse à une question d’un sénateur, de mettre fin à la séquence des restrictions imposées par la crise sanitaire et de rendre à nouveau fluides les échanges commerciaux entre l’Algérie et les pays frontaliers, notamment ceux d’Afrique subsaharienne.
En 2020, les revenus du commerce de troc avec le Mali et le Niger ont atteint les quelque 70 milliards de dinars alors que la marge de progression demeure encore très importante, a soutenu ce ministre, ajoutant que la perspective de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) incite à l’encouragement des opérateurs présents dans le commerce avec les pays voisins. Il a rappelé à cet effet qu’un exposé a été présenté lors du conseil du gouvernement, mercredi 24 mars, sur le fichier national du produit algérien ; une liste qui sera bientôt mise à la disposition de tous les opérateurs économiques pour faire la promotion locale et internationale de près de 25 000 produits algériens.
M. Rezig a toutefois semblé moins disert en ce qui concerne la future Stratégie nationale de l’exportation (SNE), un plan destiné à l’accompagnement de l’exportateur algérien vers les marchés extérieurs, notamment du continent africain à travers des secteurs identifiés comme « prioritaires », comme les produits pharmaceutiques, alimentaires et agricoles, de la pétrochimie et les matériaux de construction.
Encore à l’étude au niveau du Premier ministère, selon ses propos, cette stratégie est en débat depuis juin 2018, lorsque l’ancien ministre du secteur, Saïd Djellab, avait présenté une « feuille de route » permettant la « diversification de l’économie nationale et des exportations ». Depuis, sa mise en œuvre attend toujours, alors qu’en janvier 2021, Aïssa Bekkai, l’ancien ministre délégué au Commerce extérieur (un poste disparu à la suite du dernier remaniement gouvernemental de février dernier), avait annoncé son parachèvement « d’ici fin 2021 ». En attendant, le ministre du Commerce s’est, encore une fois, montré enthousiaste et « optimiste » à l’idée de voir la diplomatie algérienne s’engager sur le front économique, saluant les « actions » et les « efforts » accomplis pour la promotion du produit algérien à l’extérieur.

Conseil d’affaires algéro-malien
A ce sujet, le co-président du Conseil d’affaires algéro-malien, Abdelwahab Ziani, a indiqué, lors de la première session de ce conseil à la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), que les opérateurs algériens ont « un grand potentiel pour exporter vers le Mali surtout dans le domaine du médicament ». M. Ziani a affirmé que la présence d’entreprises algériennes au Mali est « en hausse constante», notamment dans les segments de la recherche pétrolière, l’électroménager, l’agroalimentaire et l’électronique. Il a recommandé dans ce cadre, de lever toutes les entraves et obstacles recensés par les opérateurs lors des échanges commerciaux bilatéraux.
L’Ambassadeur d’Algérie à Bamako, Boualem Chebihi, qui a fait une intervention en visioconférence, a souligné que cette session permettra de consolider les relations économiques et commerciales entre l’Algérie et le Mali, notamment après l’entrée en vigueur, en janvier dernier, de la Zlecaf. Elle permettra surtout de rapprocher les points de vue des opérateurs économiques des deux pays sur les éventuels échanges des marchandises et des services. Selon l’ambassadeur, l’Algérie « est déterminée à surmonter les obstacles qui entravent les opérations commerciales entre les deux pays » et « accorde une importance majeure aux relations bilatérales économiques ».
De son côté, l’ambassadeur du Mali à Alger, Mahamane Amadou, a déclaré que « le volume des échanges entre les deux pays, estimé à quelques millions de dollars, est très en deçà du potentiel commercial qu’offre chaque pays ». Il explique, en outre, que le Conseil d’affaires algéro-malien constitue un outil de veille stratégique qui permettra de renforcer davantage les relations de coopération économique et commerciale et d’offrir des possibilités d’identifier les opportunités d’investissement et d’affaires. Le diplomate malien a salué la mise en œuvre de la Zlecaf qui, selon lui, « ouvrira de nouvelles perspectives dans un espace de solidarité et d’intégration des facteurs de production et de commerce à l’échelle bilatérale, régionale et continentale ».