Le durcissement des conditions d’importations des produits et marchandises destinés à la revente en l’état, décidé par décret exécutif et prenant effet à partir du mois de novembre prochain, fait figure de véritables barrières aux diverses formes de dérives enregistrées jusqu’ici dans ce domaine d’activités. Mais dans le milieu des importateurs, c’est plutôt l’onde de choc. En effet, «il s’agit de s’y conformer ou de changer d’activité», avouent certains approchés par Reporters. Tandis que d’autres estiment que les textes des nouvelles dispositions manquent de précision.

Par Bouzid Chalabi
Sur ce dernier point, le ministère du Commerce vient tout juste d’apporter des éléments d’explication à travers sa page Facebook vendredi dernier. A propos de la domiciliation bancaire, le département de Kamel Rezig porte à la connaissance des importateurs que la suspension de cette condition à partir du 31 octobre prochain ne concerne que les importateurs n’ayant pas modifié les extraits de leurs registres de commerce. Comme il est mentionné «chaque opérateur économique disposant d’extraits de registre de commerce et de certificat de respect des conditions conformément au nouveau décret exécutif, peut exercer ses activités en toute liberté y compris les opérations de domiciliation et de dédouanement». Ce qui rassure les importateurs dans ce cas de figure.
Notons que dans le communiqué, le ministère a rappelé que les importateurs activant en la matière et même ceux titulaires d’un certificat de respect des conditions en cours de validité, doivent se conformer aux nouvelles mesures avant le 31 octobre prochain.
Cette même source informe enfin qu’à la date du 1 septembre 2021, le nombre de sociétés qui exercent leurs activités de manière ordinaire et ayant régularisé leur situation conformément au nouveau décret exécutif, s’élève à 4 671. Un total qui pourrait s’élever dans la mesure où 55 jours nous séparent de l’ultimatum. Mais en tout état de cause, les défections seront aussi nombreuses tant il est vrai qu’au sein de cette corporation, il existe des intrus par le fait qu’ils opèrent sporadiquement. De plus, il a été constaté que c’est chez ces intrus le phénomène de surfacturation domine. Devant cette tendance qui grève lourdement le Trésor public, les nouvelles dispositions relatives à l’importation des produits destinés à la revente en l’état peuvent être un moyen efficace de réduire la surfacturation.
En définitive, on peut comprendre qu’à travers ces nouvelles dispositions sur les importations des marchandises et produits finis destinés à la revente, un autre tour de vis a été fait dans l’activité import/import. Faut-il rappeler, en effet, l’entrée en application du droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) aux opérations d’importation de marchandises finies, destinées à la consommation, en 2018 ? Une mesure qui a fait l’objet de résistance au sein de la corporation des importateurs au point où il avait décidé de revoir à la baisse le DAPS sur certains produits.
Chose qui pourrait se répéter cette fois à moins que le gouvernement ne s’accroche à sa position de fermeté dans le créneau de l’import. Ce dont doutent fort des économistes, arguant que certains produits sont encore indispensables et «par voie de conséquence, vont entraîner des pénuries et le renchérissement des prix». n