Le déficit commercial de l’Algérie s’est nettement creusé durant les deux premiers mois de l’année 2020, comparativement à la même période de l’année dernière, atteignant 1,23 milliard de dollars contre 686,51 millions de dollars à la même période de l’année dernière, soit une très forte hausse de 79,16%, indiquent les statistiques provisoires de la Direction des études et de la prospective des Douanes (DEPD).


Une très forte hausse qui ne surprend pas pour autant, sachant que les équilibres financiers de l’Algérie se trouvent dangereusement bousculés par la baisse de ses revenus d’hydrocarbures qui constituent l’essentiel des recettes globales du pays. Celles-ci se sont réduites à 4,9 milliards de dollars (mds usd) pour les mois de janvier et février derniers, contre 6,795 mds usd à la même période en 2019, enregistrant une baisse de 27,89%, précise la DEPD. Les recettes d’hydrocarbures en ont représenté 93,08%, après s’être établis à 4,56 mds usd, contre 6,35 mds usd, enregistrant un recul de 28,17%.
Les exportations hors hydrocarbures restent, quant à elles, toujours marginales avec 338,88 millions usd, ce qui représente 6,92% du volume global des exportations, contre 445,23 millions usd, en baisse également de 23,89%, durant la même période de comparaison.
Selon la DEPD, le recul des exportations hors hydrocarbures a concerné tous les groupes des principaux produits exportés à l’exception des biens de consommations non alimentaires et les biens alimentaires.
Les importations ont, elles aussi, reculé pour se chiffrer à 6,129 mds usd, contre 7,481 mds usd, soit une baisse de 18,07% qui n’a cependant pas été suffisante pour amortir le fort recul enregistré pour les recettes d’exportations. Celles-ci n’ont d’ailleurs pu assurer qu’à hauteur de 79,94% la couverture des importations à hauteur de 79,94%, contre 90,82% durant la même période de comparaison. Ce qui laisse supposer que les réserves de changes ont de nouveau été sollicitées pour combler le manque.
Une démarche qui a de fortes chances d’être reconduite pour les autres mois de l’année, puisque la période qui a suivi janvier et février a vu les prix du pétrole plonger encore nettement plus bas sous l’effet du Covid-19, touchant le fond et augurant d’une détérioration sans précédent des recettes algériennes en devises pour l’ensemble de l’année 2020. Et le plus optimiste des scénarios prévus par les analystes se fera avec un baril autour des 35 dollars, soit un seuil nettement plus bas que celui enregistré durant janvier et février.
Face à cette situation, l’Etat a décidé de plusieurs mesures à même d’amortir le choc, dont la réduction du montant de la facture d’importation de 41 à 31 milliards de dollars, la réduction des dépenses du budget de fonctionnement de 30% sans toucher les charges et salaires et l’arrêt de la conclusion des contrats d’études et de services avec les bureaux étrangers, ce qui épargnera à l’Algérie près de 7 milliards USD/an.
Concernant les partenaires commerciaux de l’Algérie, l’Italie a devancé la France pour occuper la place de premier client du pays en janvier et février derniers, avec 708,04 millions usd d’exportations algériennes vers ce pays, (14,45% du montant global des exportations), malgré une baisse de 43,61%, suivie de la France avec 649,28 millions usd (13,25%), la Turquie avec 496,56 millions usd (10,13%), la Chine avec 415,26 millions usd (8,47%) et l’Espagne avec 342,51millions usd (6,99%).
Au classement des fournisseurs de l’Algérie, la Chine a conservé la tête avec 1,073 milliard usd (17,51% des importations globales algériennes), en baisse de 27,80%, suivie de la France avec 589,70 millions usd (9,62%), l’Italie avec 508,51 millions usd (8,30%), les USA avec 395,84 millions usd (6,46%) et de l’Espagne avec 383,36 millions usd (6,25%).
En 2019, la balance commerciale de l’Algérie a connu un déficit de 6,11 mds usd contre 4,47 mds usd en 2018, selon les données consolidées des Douanes.<