Dans une note datée du 23 janvier dernier, la Banque d’Algérie a instruit les banques de suspendre immédiatement les domiciliations bancaires destinées aux opérations d’importation des agrumes et légumes frais.

« Consécutivement à la décision d’interdiction de l’importation des agrumes et légumes frais prise par le ministère du Commerce, les banques et les établissements financiers sont instruits de procéder à la suspension immédiate de toute domiciliation bancaire de toute opération d’importation de ces produits », lit-on dans cette note.
« Les présidents-directeurs généraux et les directeurs généraux des banques et établissements financiers sont priés de veiller à une application rigoureuse de cette note », précise la même source.
L’instruction de la Banque d’Algérie aux établissements bancaires de « suspendre » les domiciliations semble avoir été prise en coordination avec les nouvelles mesures prises par le secteur du Commerce de poursuivre la politique du gouvernement de réduire la facture d’importation pour préserver les fondamentaux de l’économie nationale dans le contexte de crise actuel. Comme son nom l’indique, la suspension est une mesure temporaire dont l’application doit être à deux niveaux : le premier est de répondre à l’urgence de préserver l’épargne nationale en devises et de ne la consacrer qu’aux dépenses incontournables, le second est de s’accorder avec la décision du ministère du Commerce – qui a appelé à l’interdiction de tout achat à l’étranger d’agrumes. Cela sans être en porte-à-faux avec les engagements internationaux de l’Algérie en matière de transactions économiques et commerciales. Ce qui pourrait éventuellement alerter négativement ses partenaires, notamment ceux de l’Union européenne en raison de l’accord d’association qui lie notre pays à l’UE et ceux de la Gzale pour les pays arabes membres de la Grande zone arabe de libre-échange.
Pour rappel, le 22 janvier dernier, le ministre du Commerce par intérim Abdelmadjid Tebboune a donné des instructions à ses services pour l’interdiction de l’importation des agrumes en période de récolte. Il a appelé à la prise de mesures nécessaires pour « l’interdiction de l’importation de toute sorte d’agrumes durant la période de récolte, quelle qu’en soit l’origine ».
Cette mesure a visiblement été élargie aux fruits et légumes dont le pays n’en a pas besoin véritablement. Une louable initiative, d’autant que l’agriculture algérienne couvre 70% des besoins alimentaires, hormis le lait et le blé qui posent encore problème. Cette décision, donc, permet à l’Algérie de faire des économies en ce contexte de crise et, par là même, permet d’avantager les producteurs algériens.
Le ministre du Commerce par intérim a mis l’accent sur la nécessité de réduire la facture des importations vu la disponibilité de produits locaux de même qualité, insistant sur l’impératif respect des normes concernant les produits importés, notamment les produits électroménagers, électroniques et autres produits de large consommation. Il a accordé un délai d’un mois pour définir ces normes. Ces normes seraient appliquées à l’avenir en matière d’importation.