Les échanges entre l’Algérie et ses partenaires internationaux ont été marquées, durant l’année 2020, par un déséquilibre entre les importations et les exportations et un déficit de 10,6 milliards de dollars de la balance commerciale. Une perte aattendue et déjà signalée par les nombreux observateurs de l’actualité économique du pays et confirmée par les chiffres fournis à l’APS par le Directeur général du commerce extérieur au ministère du Commerce.

«Selon les indicateurs prévisionnels préliminaires de 2020, la valeur des importations a reculé de 18% (34,4 milliards dollars) par rapport à l’année 2019 (42 milliards de dollars), tandis que les exportations ont baissé de 33% pour arriver à 23,8 milliards de dollars contre 35,8 milliards de dollars en 2019», a détaillé Khaled Bouchelaghem, lors de son entretien avec l’agence de presse.
2020 a été particulièrement rude »du fait de la chute des prix du pétrole sur les marchés mondiaux, en raison de la récession de la demande induite par les mesures de bouclage économique (…) Elle a été une année particulière en termes d’exportations et d’importations du fait de la crise sanitaire que connaît le pays depuis mars dernier. Ce qui a amené le Gouvernement à prendre plusieurs mesures visant à préserver les stocks des produits de base, à travers l’établissement d’une liste de 30 produits interdits à l’exportation pour une durée de 6 mois renouvelables», a-t-il expliqué.
M. Bouchelaghem a également fait observer qu’une »reprise progressive» des activités commerciales a été enregistrée durant les trois derniers mois de l’année écoulée, indiquant que le total des échanges commerciaux (importations/exportations) s’est élevé en 2020 à 58 milliards de dollars. Parmi les filières qui ont pu maintenir leurs activités d’exportation, il a cité le plastique, l’emballage, le ciment, le papier, les produits alimentaires et les dattes. Ce responsable a, par ailleurs, rappelé que le département du commerce extérieur vise à atteindre l’objectif de 5 milliards dollars d’exportations hors hydrocarbures en fin 2021, et ce, dans le cadre de la stratégie élaborée pour la promotion des exportations parallèlement à la rationalisation des importations en les faisant reculer progressivement. Pour la Grande zone arabe de libre-échange (Gzale), il a fait savoir que l’Algérie traite essentiellement avec la Tunisie, l’Egypte et le Maroc, qui représentent 80% des échanges commerciaux entre l’Algérie et les pays arabes et africains.
Les échanges commerciaux avec les pays africains, a indiqué M. Bouchelaghem, ne dépassent pas les 3 milliards de dollars (1,5 Mds pour les exportations et 1,5 Mds pour les importations).
Pour rappel, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), dont la construction réelle prendra du temps, est entrée en vigueur le 1er janvier 2021. L’accord de sa création a été signé le 21 mars 2018 à Kigali, au Rwanda, par les pays membres de l’Union africaine. Ratifié jusqu’à présent par 34 pays, il est censé instaurer la plus vaste zone de libre-échange au monde, avec 1,2 milliard de personnes potentiellement concernées. La Zlecaf prévoit d’ici 15 ans au maximum la suppression de 90% des taxes douanières sur les biens et les services, si les négociations prévues à cet effet réussissent.