PAR NAZIM BRAHIMI
Comme l’Arlésienne qui n’est jamais venue, le plafonnement des prix de certains produits annoncé à plusieurs échéances n’est pas encore au rendez-vous.
Certains produits dont la hausse du prix est à la fois vertigineuse et incompréhensible se maintiennent encore à des prix très élevés sur une longue période comme c’est le cas actuellement des œufs cédés à 20 DA l’unité et à 600 DA le plateau de 30 unités.
Une réalité qui dure depuis plusieurs mois et qui tend à se «normaliser» au moment où les promesses de plafonnement des prix ne trouvent pas leur place sur le terrain au grand dam du consommateur qui subit une cherté des prix pour des produits de première nécessité.
Beaucoup d’autres produits connaissent également une hausse de leurs prix comme c’est le cas des viandes rouges et blanches, ce qui rend caduques les déclarations des ministres de départements concernés, à savoir l’Agriculture et le Commerce, qui sont manifestement appelés à remédier à cette situation d’ici le mois du ramadan prévu à partir du 20 mars prochain.
Preuve d’une situation préoccupante dès lors qu’elle touche directement le pouvoir d’achat des citoyens, la réunion du Conseil des ministres d’hier a abordé «les préparatifs du mois sacré de Ramadan pour l’année 2023».
Mercredi, le gouvernement Aïmene Benabderrahmane a indiqué, à l’issue de sa réunion hebdomadaire, avoir pris des mesures de préparation du mois sacré de Ramadhan, mobilisant plus d’un ministère pour remettre de l’ordre dans les marchés.
Il s’agit pour le gouvernement d’œuvrer à garantir la disponibilité des produits en volumes suffisants et en prix raisonnables pour soutenir le pouvoir d’achat parallèlement à l’entrée en vigueur des dernières augmentations salariales des fonctionnaires. Or, le consommateur constate que le plafonnement des prix comme la régulation de la disponibilité des produits de base peine à se réaliser en dépit de la succession des «d’engagements» de la part des responsables.
Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhamid Henni, a indiqué, fin novembre, s’agissant des viandes blanches que le «plafonnement des prix sera appliqué dès que possible» dans une nouvelle mesure attendue qu’elle ramène les prix à un niveau abordable pour les consommateurs de bourses faibles dans un contexte d’inflation.
Au mois de mars dernier, une convention-cadre entre le Conseil national interprofessionnel de la filière avicole (Cnifa) et l’Office national des aliments du bétail (Onab) a été signée en vue d’assurer la disponibilité des viandes blanches à des prix raisonnables, d’organiser la filière avicole et suivre le circuit de production.
La convention prévoit la création de contrats bilatéraux en vertu desquels les filières régionales relevant de l’Onab assurent l’approvisionnement des éleveurs en poussins d’un jour, dont le prix a été plafonné à 80 DA l’unité hors taxes, en contrepartie, les éleveurs s’engagent à livrer les poules engraissées aux filières relevant de l’Onab, situées à l’Est, au Centre et l’Ouest du pays.
Pour concrétiser cette convention, l’Onab s’engage à réunir toutes les conditions adéquates et le Cnifa à sensibiliser les éleveurs à y adhérer et à présenter la liste des éleveurs membres de l’Office.
Huit mois plus tard, les prix sont toujours fluctuants et pas tout le temps à la portée des consommateurs. Idem pour la viande rouge dont les prix sont «inacceptables», a admis le ministre, affirmant que son département prendra «bientôt les dispositions nécessaires pour réorganiser le secteur».
Le 15 octobre et devant le Conseil de la Nation, Aïmene Benabderrahmane a déclaré que «l’assainissement» des intervenants dans le secteur est «nécessaire». «Il n’est plus concevable que les prix de la viande rouge atteignent 2 000 DA alors qu’ils ne devraient pas dépasser 1 200 DA le kilo», a-t-il dit, non sans rappeler que «la filière viande est soutenue par l’Etat.
Pour le Premier ministre, «il est temps d’introduire un nouveau modèle de gestion de cette filière, que ce soit pour les viandes rouges ou blanches». «L’impératif est de revoir la gestion de la production animale en vigueur actuellement», a-t-il déclaré devant les sénateurs.
Des faits et des indications à la pelle qui attestent des marchés qui échappent à tout contrôle notamment dans la chaîne de distribution et celle de la tarification.
Et qui interpelle en premier lieu le département du Commerce qui ne passera pas, selon toute vraisemblance, un ramadan paisible si l’autorité n’arrive pas à peser sur le marché. n