L’engouement croissant du consommateur algérien pour le commerce électronique nécessite la réactualisation des lois régissant le secteur, ont affirmé dimanche à Blida des participants à une rencontre nationale sur le commerce électronique dans la société algérienne. Les intervenants à cette rencontre ayant réuni des professeurs et experts en économie et sciences humaines et des représentants des services de sécurité et de la direction du commerce, ont assuré que «l’essor du commerce électronique en Algérie nécessite une réactualisation des lois régissant le secteur», par les autorités concernées. A ce propos, Dr. Derouiche Kamel, chargé de l’organisation de cette rencontre, a estimé que «l’utilisation croissante des réseaux sociaux a impulsé le commerce électronique, qui concurrence désormais le commerce classique», soulignant la prolifération des publicités de différents produits sur les pages Facebook notamment et autres sites web. Il a néanmoins déploré les «arnaques et escroqueries» subies par de nombreux clients des sites de commerce électronique, dont le produit acheté s’est avéré non-conforme avec celui décrit dans les publicités. Un fait nécessitant, selon Dr. Derouiche, la «prise de mesures de nature à protéger le consommateur, d’autant plus que ce dernier exprime un besoin pour ce type de commerce conforme aux exigences de la vie moderne», a-t-il observé. A son tour, la directrice régionale du Commerce, Samia Ababsa, a signalé l’ouverture d’enquêtes par ses services, suite à l’introduction de plaintes par des citoyens victimes d’arnaques de sites de commerce électronique, avec, pour résultat, la prise de mesures dissuasives contre les promoteurs contrevenants à la loi sur le commerce électronique 05/18, datée de 2018, puis la fermeture des sites concernés. Les mêmes enquêtes menées par la direction régionale de Blida, en coordination avec les corps sécuritaires lesquels disposent de services spécialisés dans le domaine, ont également, révélé que de «nombreux propriétaires de sites web de commerce électronique ne sont pas inscrits au Registre national du commerce et des sociétés (RNCS), et qu’ils exercent donc un commerce informel, à l’origine de dommages subis par le Trésor public», a expliqué la même responsable. «L’engouement pour le commerce électronique, reposant principalement sur la publicité, s’explique par les nombreux avantages qu’il assure en termes de gain de temps et de la livraison du produit au domicile du client, outre le fait qu’il s’agit d’un commerce ne nécessitant pas un gros capital pour sa concrétisation», a souligné, pour sa part, le doyen de la faculté des sciences humaines de l’université Ali Lounici (Blida), Dr. Redouane Zaamouchi. Ce responsable a observé qu’«en dépit des efforts déployés par l’Etat pour le développement du commerce électronique», la promotion de cette activité a des contraintes dont «la faiblesse du débit Internet et les prix élevés des appareils électroniques dont les téléphones portables et les tablettes électroniques». Une série de recommandations portant notamment sur l’actualisation des lois régissant le commerce électronique, la formation de cadres spécialisés en la matière, et la transition d’un système économique classique vers un système électronique, ont été émises à la clôture de cette rencontre nationale, initiée par l’Union nationale des compétences et des cadres. n