A la surprise générale, des commerçants ont baissé rideau, hier, dans certains points de vente de la capitale, suscitant ainsi la curiosité et les interrogations des consommateurs et autres passants.
C’était ainsi perceptible au niveau d’Alger-centre, particulièrement au marché Ferhat-Boussad, où les commerçants ont suspendu leurs activités sans la moindre explication à leur clientèle. S’agit-il d’une grève des commerçants ? Quelles sont leurs revendications ? Les commerces sont-ils fermés dans d’autres lieux ? Autant de questions que se posaient de nombreux citoyens intrigués par la suspension de l’activité commerciale.
Renseignement pris, la fermeture des commerces avait pour objectif d’échapper à la campagne de contrôle lancée par le gouvernement afin de lutter contre l’informel. L’alerte semble ainsi avoir été donnée à partir du marché de gros de Semar (Alger) et autres points de vente en gros et détails dans d’autres wilayas que la fermeture de quelques commerces avait eu lieu ces derniers jours.
Autrement dit, les commerçants avaient baissé rideau pour « fuir au contrôle des autorités », a-t-on appris auprès de quelques commerçants. « La suspension des marchés, pendant quelques heures, voire toute la journée, est dictée par le souci de fuir ses responsabilités entre le non-respect des règles du marché entre le manque d’hygiène, l’absence des factures de vente de marchandises ainsi que le non-respect des prix du marché », nous expliquent des associations activant dans le secteur. « Cette situation regrettable n’est pas uniquement de la responsabilité des commerçants », a fait savoir Mohamed Mechedane, coordinateur des commissions nationales auprès de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA).
En détail, il explique que « l’absence des factures de vente est la faute des fournisseurs et producteurs qui échappent ainsi aux impôts ». « Ils ne veulent pas déclarer le montant réel de la marchandise pour échapper aux impôts », a-t-il expliqué et de relever que « si nous voulons contrôler et maîtriser le marché, il faut commencer par les grossistes et les producteurs », a-t-il indiqué dans une déclaration à Reporters.
Pour le même responsable au sein de l’ANCA, il ne fait point de doute que « les commerçants sont parfois les victimes de tout un système où règne l’informel », ajoutant que « ce phénomène n’est pas nouveau, sauf qu’il prend parfois des proportions plus qu’inquiétantes ». Interrogé sur les voies possibles pour remédier à ce problème, notre interlocuteur indique qu’il faut « revoir tout le système et commencer par une définition précise des prérogatives », notant dans ce sens l’importance de « réorganiser la manière et les méthodes de contrôle qui ne semblent pas à la hauteur ».