Vingt ans après sa disparition, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a rendu, hier, hommage à son ancien leader emblématique Abdelhak Benhamouda lâchement assassiné le 28 janvier 1997 par un groupe terroriste à la sortie d’une réunion de travail.


En plus de la présence du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Mohamed El Ghazi, et le ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb, ainsi que le secrétaire général de la centrale syndicale Abdelmadjid Sidi-Saïd, l’hommage a été marqué par la présence en masse des travailleurs et des différents syndicats affiliés à l’UGTA. Sous une pluie battante, une gerbe de fleurs a été déposée sur la stèle commémorative à l’effigie du regretté Benhamouda. « Le regretté Benhamouda était un syndicaliste hors pair dont nous regrettons tous la disparition », a déclaré Ahmed Guettich, secrétaire national chargé des relations extérieures de l’UGTA. Également présent à cette commémoration, l’un des doyens du mouvement syndicaliste africain, l’ex-secrétaire général adjoint de l’Organisation de l’unité syndicale en Afrique, Diop Dembé. «J’ai connu le regretté Benhamouda lors des réunions de l’OUSA. Je l’avais rencontré en même temps que son successeur Abdelmadjid Sidi-Saïd. Dès notre première rencontre j’ai décelé en Benhamouda un homme de valeurs et un grand syndicaliste », nous a-t-il déclaré. Ajoutant : « J’ai aussi vu en lui un grand Algérien, ce qui signifie pour moi un panafricaniste, un homme qui se bat pour les causes justes et fondamentalement anti-impérialiste et anticolonialiste. » Visiblement très ému, le syndicaliste a déclaré être très honoré de partager ce moment avec l’ensemble des syndicalistes algériens. «L’Algérie a perdu un honorable serviteur et, aujourd’hui, l’Algérie et les pays africains doivent tout faire pour préserver son combat. Les nouvelles générations doivent emboiter les pas à Benhamouda car sa cause ne doit jamais disparaître. Sa mort est non seulement une perte pour son pays mais également pour l’Afrique», a déclaré Dembé. Pour sa part, Abdelmadjid Sidi-Saïd a opté pour le silence lors de cet hommage en public qui s’est déroulé dans une anarchie absolue. Cette commémoration qui, au départ, devait être un moment solennel, a été gâchée par la mauvaise organisation. Les officiels ne savaient pas à quel moment devaient-ils prendre le parole ou pas. Les travailleurs de l’Etusa, de Naftal et de Sonacom, venus en force, ont pour leur part animé cette rencontre en scandant des slogans syndicaux pour attirer l’attention du secrétaire général de l’UGTA.
« Les présidents des syndicats ont l’habitude de se réunir avec Sidi-Saïd, ce qui n’est pas notre cas. L’ensemble des travailleurs sont venus aujourd’hui pour faire part de leurs problèmes au quotidien et de leurs conditions de travail », a affirmé un travailleur de la SNVI. Vingt ans après la disparition du leader charismatique du syndicalisme, le mouvement syndicaliste algérien ne cesse de se faire entendre et cela en dépit des embûches et difficultés.