Le Comité national pour la libération du Dr Ali Ghediri, composé notamment d’avocats, ont animé, avant-hier, une conférence de presse où ils ont encore une fois appelé à sa libération, dénonçant un emprisonnement arbitraire pour des raisons politiques et non pas juridiques.
La conférence a débuté par la lecture par Maître Yazid Rebouh de la lettre d’Ali Ghediri, envoyée de prison, où l’ancien candidat au présidentiel a tenu à remercier toutes les personnes qui se mobilisent pour sa libération, affirmant que «mes convictions ne font que se raffermir pour mener encore le combat contre un système qui a mené le pays à l’impasse. Ce combat vaut tous les sacrifices». Dans un long passage de sa lettre, Ali ghediri a salué «le Hirak, révolution citoyenne pacifique», en le comparant à la révolution du 1er Novembre 1954, en rappelant que «le combat démocratique est par nature rude et long. Il faut l’engager et le gagner».
Il a dans ce sillage appelé les citoyens algériens à redoubler de vigilance «à la veille d’une échéance électorale importante, car comme toute Constitution elle ne pourrait pas être parfaite. Mais, nous espérons qu’elle sera porteuse des principes de Novembre et de la révolution citoyenne». Il a ainsi lancé un appel à tous ceux qui se battent pour une Algérie basée sur les valeurs de la démocratie, en soulignant : «Ne laissons pas les nostalgiques de l’ancien système et les opportunistes de tout bord, prendre la place de ceux qui ont à cœur de voir l’Algérie fonctionner autrement. Ne laissons pas l’Algérie sombrer dans l’anarchie, seuls ceux de l’ancien système en profiteraient.» Il a affirmé dans ce sillage que ce sont ces mêmes personnes qui sont derrière le fait qu’il soit toujours derrière les barreaux malgré un dossier vide. Déclarant que «ce sont eux qui sont à l’origine de mon confinement politique depuis 16 mois et se sont toujours eux qui agissent dans l’ombre pour que j’y reste». Il conclut sa missive sur une note optimiste : «L’histoire retiendra que le peuple algérien a entamé un projet pour l’avenir et l’Algérie vaincra.»
Intervenant sur la situation juridique dans laquelle se trouve Ali Ghediri, l’avocat chevronné Khaled Bourayou, estime pour sa part que si Ali Ghediri est toujours emprisonné c’est «parce qu’il y a un règlement de compte. En tant que militaire, cela n’a jamais été accepté par le système, qu’il se présente à l’élection présidentielle».
Tout en soulignant que le dossier d’accusations est vide, maitre Bourayou déplore le fait que «la défense ne peut pas remplir ses missions».
Maître Bourayou, tout en partageant son optimiste sur la décision de la Cour suprême, qui doit traiter ce dossier suite au pourvoi en cassation du comité d’avocats, une Cour suprême en qui il a confiance en tant que juriste lui et ses pairs. Il souligne toutefois que «ce n’est pas un texte de lois qui va le faire sortir de prison parce que ce n’est pas un texte de loi qui l’a fait entrer en prison», insistant que «c’est une exception juridique. La décision n’est pas juridique mais politique. Ce n’est pas nous qui politisons le problème c’est la justice qui l’a politisé».
Pour sa part, l’avocate Aouicha Bekhti a défendu le non-fondement de l’accusation «un peu fourre-tout» de «l’atteinte au moral de l’armée», d’autant plus qu’«il n’y a aucun élément matériel qui la conforte et qu’elle est à l’encontre d’un ancien général major qui a toujours servi son pays en étant dans cette institution militaire et qui a toujours appelé à la souveraineté de cette institution». Pour rappel, l’ancien candidat à l’élection présidentielle a été placé, le 13 juin 2019, sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le Tribunal de Dar El Beïda à Alger. Il est accusé de «collecte d’informations, de nature à porter atteinte à l’économie nationale» au profit de pays étranger» et d’«atteinte au moral de l’armée nationale».