Affaiblis et discrédités par l’année politique 2019, qui a marqué la fin du règne de Bouteflika qu’ils ont accompagné pendant 20 ans, suivie par l’emprisonnement de leurs chefs – Mohamed Djemai et Ahmed Ouyahia -, les partis de la défunte majorité présidentielle, FLN et RND, tentent de remonter la pente.



Ils tiennent ce week-end des rendez-vous d’apparence importante pour régler leurs soucis d’ordre organique pour pouvoir se fixer de nouvelles priorités politiques qui ne seraient pas loin des futures échéances du pays, notamment le projet de la révision constitutionnelle. Le Rassemblement national démocratique (RND) a, en effet, rendez-vous aujourd’hui et demain avec un congrès extraordinaire à multiples enjeux. Il s’agit d’élire un nouveau secrétaire général du parti, poste vacant depuis l’incarcération de l’ancien chef de gouvernement Ahmed Ouyahia, qui a généré un fort malaise organique. Un malaise que son successeur à titre intérimaire, Azzedine Mihoubi, n’a pas pu contenir ; une situation symbolisée par l’introduction de certaines figures du parti devant le Conseil de discipline assortie de décisions d’expulsion. Seddik Chihab, ancien bras droit d’Ahmed Ouyahia et l’un des dirigeants les plus en vue depuis la création du Rassemblement, l’a appris à ses dépens en se retrouvant radié des rangs du parti. Le congrès du RND, qui devait se tenir les 18 et 19 mars dernier et reporté à cause de l’apparition de la pandémie du Coronavirus, prévoit également d’élire les membres du Conseil national et d’adopter les motions préparées par la commission nationale de préparation du congrès qui se déroulera au niveau du Centre international des conférences (CIC). Prévu au moment où le pays vit une crise sanitaire sans précédent, qui a contraint le Gouvernement à interdire tout regroupement, le RND a déclaré dans un communiqué avoir pris « en compte les conditions de prévention sanitaire imposées par cette circonstance (pandémie de la Covid-19), notamment la réduction du nombre de conférenciers ». L’autre enjeu de ces assises évoque directement le poste de chef du parti et les chances de voir Azzedine Mihoubi renforcer sa place et gagner le titre de secrétaire général du RND, lui, qui a été, faut-il le rappeler, en date du 20 juillet 2019, plébiscité pour assurer la gestion des affaires courantes du parti. Mais depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et M. Mihoubi est plus que jamais tenu de faire avec les conséquences de sa participation ratée à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 dans laquelle il a eu des résultats plus que décevants, lui, qui a cru en sa bonne étoile. En sortant laminé par les autres candidats en lice, Mihoubi a été fortement fragilisé au sein du parti où les voix de contestation n’ont pas manqué en dépit de la main de fer qu’il a tenté d’imposer dans les structures du RND. Aujourd’hui, ces voix peuvent se fédérer pour barrer la route à l’ancien ministre de la Culture et présenter une candidature unique qui serait, selon des indiscrétions, celle de Tayeb Zitouni, qui bénéficierait des faveurs de nombreux cadres du parti. En plus de ces deux potentiels prétendants, la commission de préparation du congrès a enregistré également une troisième candidature signée Lyes Achour, sénateur de la wilaya de Blida. Du côté du FLN, les choses ne sont pas si dissemblables où l’ancien parti unique tente de retrouver son unité à travers l’élection par le Comité central du parti d’une nouvelle direction. Sauf que cette feuille, défendue par le secrétaire général par intérim, Ali Seddiki, ne fait pas l’unanimité au sein du parti. Pour M. Seddiki, la tenue de la réunion du Comité central est une « nécessité » citant les statuts du parti, qui énoncent « l’impératif d’élire une nouvelle direction pour préparer le prochain congrès ».
En toute état de cause, la réunion du CC du FLN n’a pas manqué de provoquer des débats dans les structures du parti traversées par des divergences et des calculs inavoués, alors que s’agissant des noms favorables de succéder à Djemai, c’est le nom du sénateur Abdelwahab Benzaim qui revient dans les coulisses du parti.n