«Le pape ? Combien de divisions ?» C’est la question qu’aurait posée le leader de l’Union soviétique, Joseph Staline, lorsque le Premier ministre français de l’époque, Pierre Laval, lui avait demandé d’aider le Vatican. C’était il y a 86 ans. Elle reste toujours d’actualité, dans le contexte algérien encore plus, mais ici, il n’est pas question de guerre, avec ses divisions et ses bataillons.
La question de Staline peut être aisément posée à tous les acteurs de la scène politique algérienne, quel que soit leur bord. Oui, «combien de divisions» représente chacun d’eux ? Chaque parti ?
A l’heure actuelle, il n’y a pas de réponse. Il n’y a que des spéculations et des affirmations sans poids. Et somme toute, il n’y a pas d’autres répliques à faire que celle d’organiser des élections. Devant le blocage, constaté quasiment à tous les niveaux, aller vers les urnes est devenu une nécessité, une urgence même.
C’est que la scène politique ne peut pas, et ne pourra jamais, être restreinte aux contenus de slogans ou aux manifestations épisodiques. Une «règle» qui semblait claire depuis des lustres, mais qui est en train d’être remise en cause par tous ceux qui ne peuvent dépasser ces «terrains».
Etre représentatif du peuple, c’est au minimum avoir un ancrage solide dans la société, et cela ne pourra se manifester qu’à travers des élections. Ces dernières s’imposent d’autant que les Algériens ont un besoin criant de faire écouter leurs voix et d’être défendus sans leurs droits.
Dans son intervention télévisée d’avant-hier, le président Tebboune a évoqué les prochaines élections législatives, dont le déroulement est prévu dans «deux ou trois mois». Une période trop courte pour s’organiser ! Exact, mais est-ce une raison pour ne pas y participer ? Le pays n’a-t-il pas perdu trop de temps et d’occasions pour pouvoir se permettre d’autres «ratages» !
L’Algérie a besoin d’une véritable carte politique pour pouvoir avancer, et les élections seront le «tamis» qui pourra laisser derrière toutes les brebis galeuses et les fossoyeurs. La politique des boycotts a peut-être été bénéfique dans certaines périodes, mais elle ne peut pas être l’éternelle réponse aux graves dysfonctionnements du pays. La nature a horreur du vide. L’heure est à l’action, non aux réactions sans effets.