La première apparition, avant-hier, du président Tebboune, depuis son hospitalisation en Allemagne, suscite toujours de multiples réactions. Plusieurs lectures ont été faites depuis, des plus logiques au plus saugrenues. Il est en tout cas indéniable que les 5 minutes de l’intervention du Président ont été de bien meilleure «facture» que toute la pseudo stratégie communicationnelle d’El Mouradia.
Parmi les nombreux points à retenir de la sortie médiatique de Tebboune, il y en a au moins deux qui peuvent être considérés comme une «nouveauté». Sur la forme, avec le choix du canal de communication 2.0 et sur le fond avec un clin d’œil historique.
C’est la première fois qu’un président de la République choisit le réseau social Twitter pour s’adresser aux Algériens. Point de télévision publique, ni d’agence de presse officielle. La première apparition du président a été produite tout simplement via son compte twitter personnel, et qui a été créé le 09 novembre 2019, quand Abdelmadjid Tebboune avait encore le statut de candidat à l’élection présidentielle prévue un mois plus tard. La lourde machine médiatique d’El Mouradia, omniprésente depuis des lustres, et qui n’a toujours pas su s’adapter, a été finalement évincée. Est-ce un signe d’un changement de paradigme communicationnel du Président ?
L’autre nouveau point retenu de l’intervention d’avant-hier est celui en relation avec l’histoire du pays, en l’occurrence, le poème déclamé par le Président. En citant l’écrit de celui qui est considéré comme le Saint patron d’Alger, Sidi Abderahmane el-Thaâlibi (1384-1471), Abdelmadjid Tebboune n’a pas, sans aucun doute, fait un «choix» anodin. Implicitement, le président réagissait aux derniers rebondissements qui ont secoué la région. Le texte très connu de l’exégète algérien, qui débute par «les humeurs de l’Algérie sont très inaccoutumées (…)», sonne comme un rappel historique en ces temps troubles. C’est sans doute également un avertissement (certes pas explicite) aux tentatives de déstabilisation multiformes dont le pays est victime ces derniers temps. D’ailleurs, el-Thaâlibi n’est-il pas enterré à côté de la tombe d’un certain Sidi Ouali Dada, dont l’histoire a traversé les siècles. N’est ce pas lui, selon la légende, avec son fameux «bâton magique», qui avait soulevé les navires de Charles Quint. C’était il y a 479 ans, en 1541…