L’émissaire de l’ONU pour la Colombie, Carlos Ruiz, a réclamé lundi dernier au gouvernement colombien de mieux protéger les ex-combattants de l’ancienne guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), lors d’une réunion du Conseil de sécurité. « La paix ne pourra être pleinement atteinte si les voix courageuses de responsables sociaux continuent d’être réduites au silence par la violence et si les ex-combattants qui ont abandonné leurs armes et qui se sont engagés à la réintégration continuent d’être tués », a souligné Carlos Ruiz.
Selon l’ONU, 77 assassinats d’ex-combattants de l’ancienne guérilla marxiste des FARC ont eu lieu en 2019, contre 65 en 2018 et 31 en 2017. De son côté, le gouvernement colombien a mis en avant son rôle dans la protection des anciens combattants, soulignant que la récente mise en échec d’un attentat contre le leader des FARC, Rodrigo Londoño, ourdi selon Bogota par deux ex-chefs rebelles qui ne reconnaîssent pas l’accord de paix signé en 2016, en était la preuve. La capacité des autorités à contrecarrer cette attaque montre « l’engagement sérieux du président » colombien à protéger les ex-combattants, a fait valoir la ministre colombienne des Affaires étrangères, Claudia Blum. La ministre a confirmé la demande du président colombien, Ivan Duque, d’une prolongation jusqu’à 2022 de la mission des Nations unies dans son pays, où elle est chargée de superviser l’application de l’accord de paix signé en 2016 avec l’ex-guérilla des FARC.
«Nous soutenons les efforts du gouvernement colombien pour accroître la protection» des défenseurs des droits de l’Homme, des dirigeants sociaux et des anciens combattants, «dont la sécurité est fondamentale pour une paix juste et durable », a affirmé pour sa part l’ambassadrice américaine à l’ONU, Kelly Craft. Selon les autorités colombiennes, 80% des attaques sont le fait de groupes armés illégaux et d’organisations criminelles liées au narco-trafic et à d’autres activités illégales. n