La question des zones d’ombre prend de plus en plus une place de choix dans le discours officiel comme peuvent l’attester les nouveaux éléments donnés par le chargé de mission à la présidence de la République, Brahim Merad, sur plus d’un volet en lien avec ce «chantier essentiel» pour Abdelmadjid Tebboune.
Cette question prend davantage d’épaisseur au vu notamment des signes de contestation multiples aux quatre coins du pays, particulièrement, dans ces zones où les populations pointent un déficit en infrastructures de base. Il s’agit, en effet, pour M. Merad, de livrer au moins deux messages.
Le premier message consiste à souligner que la prise en charge des milliers de zones d’ombre est une véritable priorité pour les autorités qui font état de futurs projets dans la même finalité. Le second, distillé en mode allusif, est celui de signifier que le suivi de la prise en charge de ces zones d’ombre échappe, dans une certaine mesure, au ministère de l’Intérieur et ses représentants locaux, à savoir les walis qui sont couramment critiqués par le chef de l’Exécutif. M. Merad n’a pas manqué l’occasion d’apporter des précisions concernant le concept de zones d’ombre, différemment interprété jusqu’à entendre des voix qui évoquent l’existence de ces zones, y compris dans les centres urbains de certaines grandes villes que compte le pays. «Il s’agit de toute zone isolée et éloignée des centres de vie, manquant des conditions de vie les plus élémentaires, difficile d’accès en l’absence de routes et de pistes, non raccordée à l’électricité, au gaz et à l’eau potable et ne bénéficiant pas de couverture sanitaire», a tenu à expliquer M. Merad. Sur sa lancée, et tout en évoquant, à titre d’exemple, les élèves confrontés dans ces zones à la difficulté de déplacement vers leurs écoles, à l’absence de repas chauds, de chauffage et d’éclairage public, M. Merad a défendu l’idée qu’il s’agit d’une «nécessité de sécurité et non pas de confort».
Insistant à recadrer le débat sur cette question, M. Merad a résumé la définition de ces zones «dans les scènes de misère illustrées dans le reportage, dont la projection a été faite sur instruction du Président de la République devant les responsables et l’opinion publique nationale, voire internationale».
Il dira également que les zones d’ombre sont les zones isolées et éloignées des centres de vie, jugeant inconcevable l’existence de zones d’ombre à Alger au vu des budgets affectés à cette wilaya. M. Merad a estimé, à ce propos, qu’il s’agit pour ces cas-là «d’absence de développement et non de zones d’ombre, proprement parler».

Opération achevée dans 2 ans
Sur l’évaluation de ce qui a été accompli depuis le lancement de cette bataille contre les zones d’ombre, M. Merad a affirmé que «beaucoup a été fait», donnant l’échéance d’une à deux années pour achever l’entreprise. «Des résultats palpables ont été obtenus, mais il faut poursuivre les efforts pour garantir la parité et l’égalité de chance à l’ensemble des Algériens», a-t-il encore ajouté, s’indignant que dans un même pays, «un écolier suit ses cours sur un écran et une tablette alors qu’un autre doit traverser un chemin boueux pour arriver à son école». Concernant les appréhensions formulées par des populations de zones enclavées, M. Merad a indiqué que «tous les projets seront réalisés quelle que soit la conjoncture, car il s’agit d’engagements phares du Président de la République. «Quotidiennement, des projets sont livrés et de nombreux autres seront lancés dans les tout prochains jours», a-t-il dit, relevant que tous les projets programmés seront réalisés et que ceux financés bénéficieront de mesures prioritaires pour «leur parachèvement dans les deux mois à venir au plus tard».
Ce qui n’est pas sans mettre un supplément de pression sur les walis dont la gestion est régulièrement décriée et par les populations et les membres du gouvernement, alors que les élus locaux semblent compter avec leur fin de règne qui interviendra sans doute une fois achevée le processus d’adoption de la nouvelle loi organique sur le régime électoral. <