PAR NAZIM BRAHIMI
Quels scénarios possibles pour les Assemblées locales où le scrutin anticipé du 27 novembre dernier n’a pas eu lieu ? C’est la question que se posent des observateurs et des citoyens des localités concernées, trois semaines après le déroulement du vote.
Depuis la déclaration du président de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) à propos de ces circonscriptions, aucune piste n’a été évoquée par un responsable du département de l’Intérieur, laissant les populations locales dans l’embarras. «Cette question relèvera des autorités compétentes pour la gestion de ces Assemblées», avait souligné Mohamed Charfi, qui a évoqué «la possibilité de recourir aux élections partielles qui concernent uniquement ces Assemblées».
Un scénario qui demeure très probable d’autant plus que la loi électorale n’a pas prévu un tel cas de figure alors que le code communal peut trouver la réponse quant au devenir de ces communes sans président.
«A priori, la gestion de ces Assemblées sera confiée à des administrateurs désignés par le wali, le temps de réunir les conditions d’organiser des élections locales», explique un fonctionnaire de l’administration locale, précisant que «l’article 51 de ce code traite cette question». «En cas de circonstances exceptionnelles, empêchant la tenue des élections dans la commune, et après rapport du ministre chargé de l’Intérieur, présenté en Conseil des ministres, un administrateur est désigné par le wali pour gérer les affaires de la commune», est-il indiqué dans l’article 51. «L’administrateur exerce, sous l’autorité du wali, les pouvoirs dévolus, en vertu de la législation et de la réglementation, à l’Assemblée populaire communale et à son président», lit-on dans le même article. «La mission de l’administrateur prend fin de plein droit dès l’installation de la nouvelle Assemblée», selon la même source, qui indique que «les élections de l’Assemblée populaire communale ont lieu dès que les conditions requises à leur organisation sont de nouveau réunies».
Mais si le ministère de l’Intérieur ne prévoit pas, du moins pour l’heure, des élections locales partielles, il sera dès lors procédé à l’installation de délégations administratives pour gérer les affaires courantes des communes où le scrutin n’a pas eu lieu. Il s’agit, faut-il le rappeler, de 4 communes dans la wilaya de Béjaïa, Akbou, deuxième plus grande commune après celle du chef-lieu, Feraoun, M’cisna et Toudja, au moment où dans la wilaya de Tizi Ouzou, le scrutin local n’a pas eu lieu dans 5 communes, Tademaït, Ath Mahmoud, Ath Boumahdi, Illilthen et Aïn El Hammam. Par ailleurs, si l’opération d’installation des nouveaux Exécutifs communaux tend à surmonter l’ensemble des situations de blocage rencontrées, au grand soulagement des populations locales impatientes de voir leurs préoccupations prises en charge, l’on signale par-ci par-là des «arrangements douteux» dans certaines circonscriptions où des considérations tribales et des influences de «notabilités locales» et autres «réseaux occultes» qui ont déterminé les choix des élus et la répartition des postes de la vice-présidence.
«Dans notre circonscription, aucune compétence n’a été requise. Ce sont les élus issus des villages au grand nombre de votants qui ont été désignés au détriment de ceux qui possèdent des qualifications nécessaires pour apporter un plus dans la gouvernance locale», témoigne, déçu, un citoyen de la vallée de la Soummam. n