Le «programme de renforcement des capacités des acteurs du développement local» passera, en septembre prochain, à une nouvelle étape de sa concrétisation sur le terrain.

Ce programme de coopération entre les Nations unies (Pnud) et l’Etat algérien – qu’on connaît également sous l’acronyme de CapDel – verra la mise en œuvre de nouveaux plans communaux de développement (PCD) dans dix communes pilotes avec le même objectif de parvenir à une gestion «participative» des plans et des questions de développement des communes. Avec l’implication, précise-t-on, de nouveaux acteurs qui n’avaient pas, traditionnellement, accès au débat, à la prise de décision concernant la planification et la préparation ainsi que la concrétisation de réalisations d’intérêt public.
L’annonce de ces PCD de «nouvelle génération» a été faite, jeudi dernier, par le représentant du Pnud et directeur du programme CapDel. Mohamed Dahmani a précisé que ces programmes vont concerner, dès la prochaine rentrée sociale, les communes de Ghazaouet, Ouled Ben Abdelkader dans la wilaya de Chlef, Tigzirt, Djemila, Beni Maouche, El Khroub, Babar, dans la wilaya de Khenchela, Messaad, dans la wilaya de Djelfa, ainsi que Timimoun et Djanet. Le choix de ces collectivités, on le devine, obéit à la logique d’impliquer le Nord et le Sud ainsi que les Hauts-Plateaux, des territoires confrontés à des réalités géographiques et socioéconomiques souvent très différentes. Leur mise en œuvre se fera selon un «guide méthodologique» et une «démarche participative» permettant aux élus, aux administrateurs ainsi qu’aux acteurs de la société civile dans les collectivités locales, de travailler ensemble dans la planification, le suivi et la concrétisation de projets de développement socioéconomiques.
A ce titre, et durant les débats, les organisateurs de la rencontre de jeudi ont discuté des expériences turque et espagnole, considérées comme porteuses de résultats positifs, notamment en matière de création d’« agences de développement local», des structures qui font défaut dans notre pays et dont la mise en place dans les pays cités en exemple remonte au début des années 2000.
Pour ce qui concerne le lancement des PCD, et pour s’assurer de leur succès sur le terrain, des cycles de formation pour des formateurs devront être lancés dès la semaine prochaine, a-t-on appris sur place. Ces formateurs seront ensuite déployés dans les dix communes pilotes retenues. Ils bénéficieront eux-mêmes d’un suivi impliquant le département de l’Intérieur et des Collectivités locales ainsi que les agents onusiens du Pnud chargés du CapDel. L’enjeu est crucial car, pour les nouveaux PCD, les acteurs locaux des communes choisies ne seront pas initiés uniquement au choix et à la présentation des projets jugés nécessaires à leurs territoires respectifs, mais à s’inscrire dans une vision de gouvernance à moyen et long termes. L’étude visant à identifier les potentialités économiques dans les communes pilotes a été achevée et sera mise à profit dans l’élaboration des PCD, a indiqué à ce sujet Mohamed Dahmani.

Appel à élargir le programme CapDel aux wilayas
Une carte des organisations de la société civile au niveau des communes pilotes sera également établie pour évaluer leurs capacités et cerner leurs besoins et les domaines pouvant contribuer au renforcement de leurs capacités, a ajouté ce responsable. L’inspecteur général du ministère de l’Intérieur, Abderrahmane Sadini, a qualifié le programme CapDel de «projet pionnier», affirmant qu’il servira de base à la politique du secteur en matière de développement local. Il apportera de nouveaux mécanismes dans la gestion des affaires locales et rendra plus efficace le rôle économique des collectivités locales, alors que les projets de lois sur les collectivités territoriales et sur la fiscalité locale sont en cours d’élaboration. Pour sa part, le représentant résident du Pnud en Algérie, Eric Overvest, a appelé à l’élargissement du programme de CapDel pour toucher des wilayas, au lieu de se limiter à des communes, afin de permettre la mobilisation d’autres acteurs et intervenants et l’instauration de mécanismes de coordination et plus de performance. Il a souligné que les décisions décentralisées concernant les politiques et les budgets publics au niveau local passent essentiellement par les wilayas, ce qui exige leur intégration dans cette approche participative pour plus d’efficacité. Pour rappel, le programme CapDel s’étale sur une période de quatre ans (2017-2020) avec une enveloppe financière de 10 millions d’euros (2,5 millions d’euros dégagés par le gouvernement algérien, 7,7 millions d’euros de l’Union européenne et 170 000 euros du PNUD).