Bien qu’ils tentent de se disculper de toute responsabilité dans la gestion des années Bouteflika, les partis de la défunte Alliance présidentielle sont dans une posture très inconfortable. En effet, les appels à la dissolution des partis composant cette coalition du pouvoir (FLN-RND-MPA-TAJ) s’allongent.
Après celui, très tranché, de l’avocat Mokrane Aït Larbi, qui a plaidé la dissolution de ces formations politiques par «décret ou par décision de justice», c’est au collectif des professeurs en sciences médicales d’en faire sienne la même revendication.
«Au risque de nous répéter, nous réitérons la revendication populaire non seulement à l’isolement, mais aussi et surtout à la dissolution de l’ensemble des partis de l’alliance présidentielle», a indiqué le collectif dans un communiqué.
Il dénonce, dans le même sillage, le fait que l’Algérie soit dirigée depuis l’indépendance au nom de ce qui est désigné par le vocable de la «légitimité historique». «Le Collectif rappelle surtout que depuis 1962, au nom de la légitimité révolutionnaire, notre Algérie est dirigée par un personnel politique (Présidents, premiers ministres, ministres et présidents de sociétés et d’entreprises nationales) titulaires de carte d’ancien moudjahid ayant de 80 à 100% d’incapacité physique et mentale», lit-on dans le même communiqué.
Le collectif des professeurs en sciences médicales, s’il dit « prendre acte » de l’annonce du coordinateur du panel de médiation et de dialogue national de rejeter toute participation des partis de la défunte alliance présidentielle à ce processus, critique la présence de figures de ces formations dans l’instance. Les signataires du document évoquent, dans ce sens, le chef de file du panel lui-même issu du l’ex- parti unique et au nom duquel il avait présidé l’Assemblée populaire nationale (APN). Ils citent également l’autre membre de l’instance, Lazhari Bouzid, qualifié de « fossoyeur de la Constitution (…) et auteur des amendements scélérats de la Constitution, qui ont accordé les pleins pouvoirs à Bouteflika et levé la limitation des mandats présidentiels ». Sur leur lancée, le Collectif s’interroge sur ce qui justifierait la participation du l’ancien parti unique aux consultations autour du panel mené par Karim Younes. « Comment un parti comme le FLN, qui vend, qui brade ses postes de députés à celles et ceux qui ont des milliards à lui offrir pour chaque poste, peut-il prétendre sortir notre Algérie de ce marasme dans lequel il l’a conduite ? Comment des députés FLN aux ordres qui ont voté pour un président d’APN ayant à peine une dizaine de voix sur près de 400 députés alors que réglementairement le poste revient au parti ayant le plus grand nombre de représentants, peuvent-ils prétendre mettre l’Algérie sur la bonne voie ?», s’interrogent-ils. La position des professeurs en médecine vient manifestement confirmer une posture peu enviable des partis de l’allégeance sur qui l’étau se resserre.
Car, après avoir été décriés lors des manifestations populaires, ces partis sont désormais voués aux gémonies par des acteurs politiques et associatifs. Ce qui semble contraindre ces partis à se défendre pour ne pas se retrouver en marge. N. B.