Le président du Front El Moustakbal et candidat à la candidature présidentielle, Abdelaziz Belaïd, a dénoncé, hier à El-Eulma (Sétif), ce qu’il qualifie de pratiques «non démocratiques», voire «immorales» exercées notamment sur des élus dans la majorité des wilayas lors de l’opération de collecte des signatures.

«Ces pratiques ne nous font pas peur, parce que cette politique de «terrorisation» bien connue depuis plusieurs années n’aboutit à aucun résultat. Cette politique est étrangère à nos traditions et notre religion», a-t-il ajouté. Par ailleurs, ce dernier, qui est intervenu à l’occasion de la célébration de la Journée du chahid, qui coïncide avec le 18 février de chaque année, et du 7e anniversaire de la création du parti, a précisé que dans le cadre de l’opération de collecte des signatures, «plus de 1 700 élus ont déjà signé et des milliers de citoyens ont affiché leur soutien pour la présidentielle du 18 avril prochain». Le premier responsable du Front El Moustakbal a présenté un diagnostic de la situation actuelle du pays, tout en indiquant que le médecin procède toujours au diagnostic du patient avant de lui prescrire un traitement. «Nous avons réalisé des bâtiments, des hôpitaux et des routes. Oui, mais la question qui se pose, est-ce-que ces réalisations reflètent exactement les enveloppes colossales dépensées ? Nous n’avons pas bien profité de la hausse du prix du pétrole qui a atteint 160 dollars pendant plusieurs années. Nous sommes toujours dépendants du prix du pétrole», a-t-il déclaré. M. Belaïd a abordé également la question de la harga qui a alimenté dernièrement l’actualité, déplorant que les jeunes préfèrent mourir en mer que de vivre dans l’incertitude. «Nos enfants meurent en mer par milliers. Ceux qui ne se noient pas se suicident. Des dizaines de milliers de jeunes diplômés ont fui le pays pour s’installer à l’étranger. Si nos martyrs revenaient, on devra leur dire que si vous avez combattu pour libérer l’Algérie du colonialisme français, aujourd’hui, nos enfants meurent en mer pour regagner la France. Ces derniers ne fuient pas l’Algérie à cause de la pauvreté, mais parce qu’ils manquent de sécurité et de tranquillité. Ils n’ont pas d’avenir et ils ne savent pas ce qui se passera demain», a-t-il déploré. Par ailleurs, le numéro un du Front El-Moustakbal n’a pas manqué de tirer à boulets rouges sur ce qu’il qualifie d’«opposition de salon» et d’«opposition des communiqués». «Nous n’avons pas créé ce parti pour en faire un registre du commerce. Ni pour collecter de l’argent ou pour gaspiller de l’argent. Notre parti a été créé pour respecter l’éthique et la déontologie politiques et construire l’homme algérien », a-t-il souligné. Ce dernier n’a pas manqué de relever que toutes les institutions de la République sont devenues des comités de soutien au chef de l’Etat. «L’Algérie est devenue la risée pour la presse internationale. Nous n’avons de place comme puissance économique, militaire, diplomatique dans l’Afrique, le monde arabe et sur le plan méditerranéen», a-t-il encore fustigé. M. Belaïd a ajouté enfin que son parti est prêt à dialoguer avec toutes les forces nationales voulant unir leurs efforts pour avancer et construire un Algérie forte.